l'âme du vin

L’Âme du vin - Interview de Marie-Ange Gorbanevsky

Résumé

L’âme du vin un film de Marie-Ange Gorbanevsky sur le vin. Il a été réalisé après un an de repérages et un an de tournages dans les vignobles de Bourgogne. Sortie dans les salles de cinéma prévue le 13 novembre 2019.

Rencontre avec Marie-Ange qui nous parle de son film qui pourrait plus s’apparenter à un tableau poétique animé des vignobles bourguignons qu’à un documentaire…

SYNOPSIS

Les vins naissent de la rencontre de la terre, du ciel, et de l’homme… Chaque année en Bourgogne, la réussite de leur millésime est une véritable épopée. Le travail de la vigne et de la cave au fil des saisons aboutit à la création de vins exceptionnels, vivants, recherchés et adulés dans le monde entier : Romanée-Conti, Gevrey-Chambertin, Chambolle-Musigny, Meursault, Volnay… Ces vins portent en eux la parcelle de terre dont ils sont issus et l'âme des hommes qui leur ont donné vie.

L’âme du vin un film de Marie-Ange Gorbanevsky sur le vin. Il a été réalisé après un an de repérages et un an de tournages dans les vignobles de Bourgogne. Sortie dans les salles de cinéma prévue le 13 novembre 2019.

Rencontre avec Marie-Ange qui nous parle de son film qui pourrait plus s’apparenter à un tableau poétique animé des vignobles bourguignons qu’à un documentaire…

 

Après avoir tourné ce film, que pensez-vous être l’âme du vin ?

« C’est compliqué à définir. Le vin est mystérieux, c'est lui le personnage principal du film. Le vin est l’expression de la nature, de la terre. Les vins de Bourgogne sont l’expression de terroirs très particuliers, les "Climats" sont inscrits au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Le vin est vivant, il a donc une âme.

Ce titre « L’âme du vin » m’a guidé durant toute la réalisation du film. Le film n’est pas seulement la vie d’un domaine ou le portrait de vignerons, il peut être vu, entendu et ressenti à travers les rencontres des vignerons et ceux qui goûtent le vin durant le film. La poésie du film résonne avec celle du poème de Baudelaire au titre similaire. Baudelaire n’était pas un grand spécialiste du vin et pourtant il avait compris que le vin exprime tout et l’essentiel. Le vin représente le rapport entre l’homme et la Nature, c’est un symbole notre civilisation. »

 

Avez-vous trouvé des similitudes sur la relation qu’entretiennent les vignerons que vous avez filmé avec leurs vins / terroirs ?

« Chaque vigneron à une personnalité différente. Je me suis adaptée à la personnalité de chacun lors de la réalisation du film. Tous ont beaucoup de respect pour la terre, les vignes, le vin. Ils se ressemblent dans leur rôle de serviteur du vin, chacun à sa façon.

Leur façon de travailler est la même depuis de nombreuses années, suivant la tradition bourguignonne. Cependant, le rôle dominant de la Nature imprévisible, fait que le vigneron peut s’exprimer et être en recherche permanente dans l’élaboration de son vin. J’ai remarqué que lorsque les vignerons parlent de leur vin, ils parlent d’eux-mêmes. Le vin est donc également le miroir de l'âme du vigneron. Ces vignerons s’expriment tous différemment mais nous donnent l’impression de parler d’une même voix. »

 

A qui s’adresse ce film ? Les amateurs ? Les néophytes ?

« Ce film s’adresse à tous les gens qui ont envie de regarder, découvrir ou admirer l’univers du vin. Le vin appartient à tout le monde. Le film n’a pas une vocation didactique, c’est un film contemplatif sur un travail vraiment admirable. Le film s’apparente à un tableau plus qu’à un documentaire.

C’est un film impressionniste, un appel au voyage, le public est invité à rentrer à l’intérieur. »

 

Votre film se déroule sur une année entière. Que cela apporte-t-il de plus au film ?

« Il y a différentes temporalités dans ce film. Il y a l’année de la vigne qui se retrouve à travers le passage des saisons. Il y a également, le temps en cave du millésime précédent qui vieillit et le temps à travers les siècles lorsque le passé médiéval est évoqué dans le film. La vigne est comme une sculpture façonnée au fil du temps. On la travaille au cours de l’année pour la transformer en vin puis l’être humain façonne ce vin à sa façon pour le mettre en bouteille. A travers ce film, j’ai voulu montrer le côté intemporel du vin et non le côté actuel. »

 

Dans votre film, vous avez mis en scène un chef et un restaurateur Japonais dégustant un grand cru de 1945, avez-vous trouvé une approche du vin culturellement différente que celle française ?

« Cette séquence apporte une dimension internationale que je souhaitais pour mon film. II existe une grande histoire d’amour entre les Japonais et les vins de Bourgogne, adulés dans le monde entier. Les Japonais sont attentifs aux infinies nuances et j’ai voulu rendre hommage à leur culture à travers cette dégustation. Avec les dégustations des uns et des autres, petit à petit, nous découvrons le vin différemment.  Le meilleur sommelier du Monde 2000, Olivier Poussier à une approche différente que celle d'Hide Hishizuka et Ryuji Teshima. Avec lui, le partage se fait par la transmission des caractéristiques du vin, le public découvre le vin tout en douceur. Tandis qu’avec Hide et Teshi le partage se fait dans un moment de grande émotion. Ils ne décrivent plus le vin, ils sont seulement émus d'avoir la chance de rencontrer un tel vin. Cette scène a été tournée en une seule prise et on ressent à quel point ils sont touchés par les sensations que le vin leur procure. Jacques Puisais m'a dit un jour « Il n’y a pas de grands vins, il n’y a que de grands instants ». Cette scène est un grand moment.

 

Retrouver les visuels du film ici.