Olivier Ohannessian

Interview de Martin Ohannessian, fondateur du Petit Ballon

Résumé

Diplômé de l’école de commerce de l’EM Lyon, Martin Ohannessian se lance assez vite dans l’aventure des start-ups, avec un premier projet de mise en relation entre artistes et salles de concert. Il bifurque ensuite vers le monde de la gastronomie et plus particulièrement celui du vin. Et remarque rapidement, à travers des formations, que le plus souvent c’est avec un langage d’expert, peu adapté à des personnes novices, que l’on s’adresse à lui. Bien décidé à rendre la découverte du vin plus marrante, il lance en 2011 l’idée d’une box, avec la volonté de permettre un apprentissage du vin chez soi... le Petit Ballon est né !

Pourquoi avez-vous eu l’idée de créer une box pour simplifier l’approche du vin ?

La box est un moyen de propager notre message. Le vin, c’est un truc cool, sympa, synonyme de bons moments. C’est le moyen de désacraliser le monde du vin, de simplifier le moment du choix et pas mal de choses. Depuis 5 ans, notre box nous a permis de travailler sur un algorithme de recommandation et il y a quelques mois nous avons lancé un profil œnologique pour le choix des bouteilles proposées. Nous nous sommes rendus compte que classer les vins par appellations n’était pas vraiment pertinent pour nos abonnés. Travailler sur les goûts et les préférences de chacun permet au contraire de s’inscrire dans cette démarche de simplification et de désacralisation. Notre box a pour vocation de proposer une expérience à nos abonnés.

 

Quel est le profil de vos abonnés ?

Nous avons aujourd’hui plus de 40 000 abonnés, de 18 à 84 ans, mais notre cœur de cible est composé des 25-35 ans, qui sont des urbains et des amateurs éclairés. Plus précisément, les 25-30 ans constituent la part la plus importante de nos abonnés, suivis par les 30-35 ans et les 18-25 ans. Une clientèle majoritairement jeune donc. En ce qui concerne le sexe de nos clients, c’est 50/50. Nous observons par contre une différence de comportements en fonction du sexe. Les hommes passent bien plus commande sur notre site (ndlr : il est possible de commander sur le site les vins reçus par box) et ont souvent tendance à surestimer leur connaissance œnologique. Les femmes, quant à elles, sont plus assidues : elles regardent plus nos vidéos d’astuces et d’explications, lisent plus d’articles...

Côté commandes, nos abonnés commandent 70% de vin rouge et aucune région viticole ou appellation ne ressort en particulier. Ils achètent de tout. 

 

Le Petit Ballon est présent sur Facebook, Instagram, Twitter, YouTube, Google+. Quelle est votre démarche ? Quel regard portez-vous sur les réseaux sociaux ?

Notre cœur de cible étant constitué des 25-35 ans, notre présence sur les réseaux sociaux est indispensable. Chaque réseau social a sa propre utilité. Facebook marche très bien et nous permet de relayer nos différents contenus. Twitter nous permet de répondre aux questions de nos abonnés. Instagram, enfin, apporte une image plus lifestyle et moins spécifique au vin. Nous essayons ensuite de diversifier au maximum les formats : articles de blog, infographies, vidéos d’astuces, images... 

Ce que l’on remarque aujourd’hui, c’est que les réseaux sociaux constituent un cœur d’actualités, dans lequel nous parlons de vin et gastronomie. Nos abonnés y sont de plus en plus dans l’attente que l’information vienne à eux et non plus dans une logique de recherche de l’information, en allant sur notre site Internet.

Plus globalement, nous nous inscrivons dans une démarche généraliste : permettre à nos abonnés de bénéficier d’un bon niveau de connaissance du vin en se marrant, avec un langage plus courant. Le Petit Ballon, c’est plus qu’une box et des offres commerciales, c’est un univers à part entière.

 

De manière générale, selon vous, pourquoi le marché des box marche aussi bien aujourd’hui ?

Cela correspond à une véritable adaptation du mode de consommation. La box est un moyen très simple de déguster du vin, dont le développement a été rendu possible par l’évolution de la logistique, et qui apporte un plus au consommateur, avec un accompagnement à travers un guide explicatif par exemple.

Le phénomène s’étend à tous les secteurs et les box qui marchent sont celles qui privilégient l’expérience client et l’histoire du producteur. Pour nous, cela est très satisfaisant d’apprendre que nos abonnés ont rendu visite à un viticulteur de la part du Petit Ballon.