Grégoire Kalt - salle de sport

Vendredi 25 septembre 2015, le Vinocamp s’est exporté chez nos voisins anglais : l’occasion de confronter les points de vue de deux pays historiquement liés au vin et historiquement liés par son commerce à travers des tables rondes et l’intervention de plusieurs invités anglais*. Retour sur les enseignements de nos meilleurs ennemis, désormais entrés dans le jeu de la mondialisation de la production de vin. Et ils ont beaucoup à dire sur nous et nos vins qu’ils connaissent si bien !

Le monde du vin français du point de vue anglais

Robert Joseph, expert britannique du vin et auteur, et Justin Howard-Sneyd, propriétaire d'un domaine en France et expert du vin, nous ont exposé le point de vue des Anglais vis-à-vis de la France et de ses vins. Voici leurs constats sur les enjeux qui attendent les acteurs du vin :

 

1. Simplifier l’offre 

Ce n’est un secret pour personne, la carte viticole française est complexe (66 départements viticoles qui comptent 308 AOC viticoles et 74 IGP). Difficile de s’y retrouver, même pour les Français dont le manque d’éducation face au vin a d’ailleurs été pointé du doigt par Robert Joseph. Pédagogie et simplification sont les maîtres mots pour rendre le vin plus accessible pour le consommateur.

2. Ecouter davantage le consommateur 

Le système français reste aujourd’hui centré sur la vision du producteur à l’opposé de la vision à l’œuvre dans les pays du Nouveau Monde, dans laquelle le consommateur occupe la place centrale. Pour Robert Joseph et Justin Howard-Sneyd, il est indispensable de donner au consommateur ce qu’il veut, même si ce qu’il aime peut parfois sembler déconcertant.

3. Rendre le vin plus accessible

Ce constat avait déjà été dressé lors de la première édition de Vino Bravo à Bordeaux par Arnaud Daphy. Ce dernier nous avait alors expliqué comment reconquérir la génération Y (les jeunes de 18 à 30 ans). Et sa conclusion était la suivante : dé-sanctuariser le vin, ne plus le cantonner à une langue et à une culture « traditionnelles », le recentrer sur le goût… car le vin est un produit très particulier, rattaché à la tradition, à l’histoire et à la culture, comme nous l’a rappelé Christian Seely, directeur d'Axa Millésimes et propriétaire de deux domaines. 

4. Et la loi Evin, ils en pensent quoi les Anglais?

Le constat est clair : la consommation de vin en France n’a eu de cesse de diminuer, spécialement depuis la Loi Evin. Si cette dernière est citée parmi les grands enjeux auxquels la filière vin doit faire face, pour les Anglais, elle paraît également être un rempart derrière lequel la filière vin française peut abriter ses lacunes en matière de communication et de marketing face aux pays du Nouveau Monde et aux autres filières. Même si Robert Joseph n’imaginait pas que les interprétations juridiques de la Loi Evin étaient si floues, notamment en termes de communication Internet et d’information oenotouristique, de son point de vue, il s’agit de composer avec la Loi Evin et de trouver des manières innovantes de communiquer. A son sens, la route des vins est un enjeu communicationnel majeur.

 

Focus sur le vin en Angleterre

 

1. Des Anglais amateurs de vin

Selon les résultats d’une étude Ipsos parue au mois de septembre 2015, les Français ne sont pas les plus grands amateurs de vin en Europe, devant eux : les Suédois et… les Anglais ! 71% des Anglais déclarent aimer boire du vin contre 70% pour les Français et surtout 28% des Anglais déclarent beaucoup apprécier ce breuvage contre 19% des Français. La France reste cependant le pays qui compte le plus de consommateurs réguliers avec 40% déclarant avoir consommé du vin au moins une fois par semaine au cours des derniers mois contre 35% en Grande-Bretagne. Enfin, autre différence entre la France et la Grande-Bretagne : le profil des consommateurs réguliers. Ce dernier est ainsi beaucoup plus équilibré en Grande-Bretagne : 51% de femmes (contre 42% en France) et 20% des moins de 35 ans (contre 15% en France).

2. La production de vin anglaise

En plus d’être de grands consommateurs de vin, les Anglais en produisent également : le Royaume-Uni compte 470 vignobles, 135 vignerons ou entreprises viticoles, 4,5 millions de bouteilles.

 

*Robert Joseph, Justin Howard-Sneyd, Christian Seely, Nicole Rolet

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