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Publié le 15.03.2011
par Vin & Société
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Quand le vin se raconte sur le web

De la vigne, à la toile… et au verre. Entre les restrictions de la loi Evin et l’apparition des QR codes, le web (et la télé sur le web) s’imposent désormais comme un mode de communication privilégié pour mieux diffuser, faire exister - et raconter le vin. Animé par Michel Remondat (Fondateur de Vitisphère), le débat a donc couru à bâtons rompus entre Jean-Michel Peyronnet (Edonys TV, télévision de la vigne et du vin), Philippe Hugon (Vinternet, wine web agency) et Gwenaël Chichery (agence Actualys). Plongée avec nos spécialistes dans le Vin numérique…


Edonys TV : chaîne thématique et résistante

Qui dit high tech dit numérique… et télévision numérique. Pourtant, pour Jean- Michel Peyronnet, entre le vin et la télévision, le divorce date de 20 ans… 20 ans ? L’âge exact de la Loi Evin, cette exception française qui a compliqué la vente et la diffusion de l’image du vin, en France… et dans le monde. Créateur d’Edonys TV, Jean-Michel Peyronnet regrette la joie et le plaisir partagés qui étaient auparavant associés à l’image du vin. « Depuis 1980, le vin est considéré comme un problème de santé publique. Cela correspond à une vague de politiquement correct que je trouve assez perverse quand on sait que cette même télévision autorise la pornographie et la violence…» Perverse aussi, selon lui, la Loi Evin qui n’interdit pas, mais autorise, tout en omettant de définir clairement la publicité (voir notre article sur la Loi Evin). Véritable « acte de résistance »

Edonys TV est donc la première chaîne internationale dédiée aux produits de la vigne, « ces apanages de la civilisation contre la barbarie ». La chaîne thématique fait actuellement l'objet d'une demande au CSA pour un conventionnement dans l'Union Européenne en français et en anglais. Conçue par des amateurs et des professionnels qui ont envie de partager leur passion, elle s’adresse à un large public. Son objectif : permettre à chacun de découvrir les vins, les domaines, les hommes et les femmes qui ont fait et font l’histoire de ce divin breuvage… Elle vise surtout à redonner au vin sa place culturelle et économique et à diffuser très largement l’image des vins français.

Web et Vin : les réseaux sociaux

Tous nos intervenants s’accordent : le web a révolutionné le vin. Les réseaux sociaux, notamment, apparaissent désormais comme incontournables dans l’élaboration des stratégies de communication et de diffusion des vins. Pour Philippe Hugon, « il permet notamment aux vignerons, dans un marché caractérisé par nombre très important d’intermédiaires, d’atteindre directement le consommateur ». Cette évolution se double d’une mutation du rôle du vigneron, qui doit développer des compétences de chef d’entreprise et de commercial. Et dans ce cadre, internet se révèle un média précieux. Son atout principal : favoriser la « vente parlée » à distance, cet argumentaire descriptif qui, même sans dégustation, donne envie de découvrir – et d’acheter – un vin. A ce titre, la multiplicité des canaux, et des sites, permet de développer une dimension expérientielle, une connaissance riche du vin, même (et surtout) à des milliers de kilomètres. Il poursuit : « de plus, même dans le monde virtuel, le vin conserve son rôle social de rencontre et d’échange. Il fédère donc une communauté de passionnés… ».

« Entrer en conversation avec l’internaute »

Déjà développés par quelques sociétés en France, les QR codes sont des codes barres nouvelle génération (intégrés à l’étiquette). Photographiables avec votre mobile, ils renvoient vers une page dédiée qui contient un ou plusieurs descriptifs produits, des idées de dégustation, de conservation, des avis, ou même des dégustations en vidéo. Il vous permet de choisir votre vin sans la présence immédiate d’un conseiller. Pour Gwenaël Chichery : « les QR codes sont une technologie peu couteuse pour les petits producteurs et ce sont des outils simples et performants ». Et l’invention est déjà plébiscitée à l’international : « le marché est de plus en plus atomisé, les acheteurs ont l’habitude d’aller chercher de l’information sur le web ».

« Storytelling »

La technologie devient donc un moyen gratuit, pour tous les vignerons, de diffuser les infos sur le vin… à condition de jouer le jeu, c’est à dire de veiller à produire un contenu dense varié et étayé. A ce titre, le balle est dans le camp des propriétaires de domaines, comme le rappelle Philippe Hugon : « il faut encore faire sauter quelques freins au changement, pour véritablement entrer en conversation avec l’internaute ». Jean-Michel Peyronnet rebondit : « on pensait qu’internet était un canal, mais c’est en fait un accélérateur considérable et il faut le mettre au cœur du développement du vin. Ces moyens existent, il faut les exploiter ! Le vigneron n’a plus le droit de se plaindre : il a les outils à portée de main». Diffuser depuis chaque exploitation, parfois en temps réel, un message à un acheteur de Tokyo : voilà donc le nouveau monde ouvert par les nouvelles technologies. Philippe Hugon insiste : « il ne faut pas complexer. Un des atouts majeurs de la technologie est qu’elle permet le storytelling (l’art de raconter l’histoire d’une marque, d’un produit, d’une organisation, NDLR), la diffusion d’un ADN du vin… »