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Économie
Publié le 23.01.2013
par Vin & Société
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Produire et consommer français : le Vin soutient le Made in France !

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Invité surprise du débat présidentiel, le Made in France s’offre, avec Arnaud Montebourg, Ministre du redressement productif, un tonitruant retour dans le débat public. Rien d’étonnant : produire et consommer des produits français n’est pas seulement un chauvinisme de bon aloi en temps de crise. C’est pour certains,  une des réponses à de nombreux enjeux économiques tels que la désindustrialisation, la baisse de la part du secondaire dans le PIB ou la nécessité de valoriser le tissu économique national. L’occasion pour la filière Vins –menacée et fragilisée par la crise actuelle – de rappeler aux pouvoirs publics son exceptionnel soutien : 100 % made in France, elle contribue largement à l’effort économique national, au dynamisme des territoires et à la valorisation d’un patrimoine unique… bref, à la promotion de la marque France dans le monde entier.


Une filière supportrice…

Première  certitude : la filière viticole participe largement à l’effort national. En matière de production, tout d’abord, puisqu’elle est le premier pays producteur de vin, avec 20% du vin mondial (un rang prestigieux qu’elle devrait réussir à conserver en 2012, et ce malgré une récolte orientée à la baisse) et 16% de la valeur de la production agricole nationale hors subvention. En 2009, selon France Agrimer, son chiffre d’affaires s’élèverait à 11,5 milliards d’euros, pour au moins 2,2 milliards d’euros de TVA collectée. 3ème pays exportateur de vin - après l’Italie et l’Espagne, la France a en 2011, exporté 14,2 millions d’hl de vin et 1,9 milliards de bouteilles… En termes d’emplois, elle se distingue aussi par son dynamisme : la filière Vin représente en effet 500 000 emplois directs et indirects en France, soit 142 000 équivalents temps plein dans les exploitations, 38 000 salariés dans les entreprises du négoce de vin et 8 300 équivalents temps plein dans les coopératives. 100% Made in France, ces emplois sont non délocalisables et inscrits dans la trame même du territoire. Organisées en clusters, de nombreuses entreprises – surtout des PME -  à l’amont et à l’aval de la filière, génèrent également des emplois : 5 300 cavistes, chefs de rayon et acheteurs dans la grande distribution et environ 270 000 salariés dans la restauration. Enfin, le vin booste aussi le tourisme hexagonal[1] : les vignobles du pays accueillent ainsi en moyenne 7,5 millions de visiteurs chaque année, dont 40% sont étrangers. On estime ainsi qu’entre 2008 et 2010, les 10 000 caves touristiques en France ont accueilli plus de 12 millions de visites… Des chiffres solides, donc, mais qui ne doivent pas masquer la  vulnérabilité de la filière : la récolte 2012 est la plus faible depuis 30 ans (40,6 MHl, contre 55MHl en moyenne dans les années 2000). Par ailleurs, le secteur compte de nombreuses exploitations de petite ou moyenne taille : déjà fragiles, elles seraient les premières à souffrir de la hausse fiscale.  Et les effets se font déjà sentir : une exploitation sur quatre a disparu entre 2000 et 2011. [2]

Une consommation « française »… qui mérite d’être soutenue !

Cocorico… ? Produit « 100% français » par excellence, le vin a longtemps été, à lui seul, un des apanages du « consommer français ». Pourtant, il semble connaître en France une réelle baisse de sa consommation : ainsi, entre 1960 et 2010, si la consommation de toutes les boissons alcoolisées a baissé de 50%, celle de vin a, elle, chuté de 70%. En 15 ans seulement, cette dernière a diminué de 25%, s’élevant désormais à 56,5 l par habitant (de plus de 14 ans) et par an, soit 1,5 verres par habitant et par jour. Pourtant, pour l’instant, la France reste un des pays où la consommation per capita est l’une des plus importante (même si elle est dépassée désormais par l’Irlande et la Hongrie) et le premier pays consommateur de vin au monde devant les États-Unis, l’Italie et l’Allemagne. Si, en 2010, la consommation mondiale de vin s’élève à 238 millions d’hl, on estime que la consommation taxée de vin en France s’élève à 29 millions hl, dont plus de la moitié pour les vins en AOC. Les français continuent d’acheter – et de boire - du vin, soutenant ainsi ce produit français : en 2010, 9 ménages sur 10 ont acheté des vins tranquilles, en moyenne 55 bouteilles réparties en 15,4 actes d’achat dans l’année, soit une moyenne de 3,5 bouteilles par acte d’achat… Selon France Agrimer, 17 % des consommateurs français sont réguliers et 45% occasionnels. Une consommation fidèle, donc, créatrice de valeur pour l’ensemble de l’économie française, et qui mérite donc plus que jamais d’être soutenue et encouragée. Pour cela, et consciente de son rôle et de sa responsabilité, la filière a souhaité engager un véritable dialogue avec les pouvoirs publics. Au cœur de ces échanges : la nécessité d’un soutien de l’Etat à une filière dynamique et motivée, et des politiques publiques favorisant une consommation raisonnée (en accord avec les recommandations de l’OMS), des actions d’information et de prévention ciblées.

 


[1] Atout France (2010) Tourisme et vin, les clientèles françaises et internationales, les concurrents de la France. Comment rester compétitifs ? 95p : http://www.atout-france.fr/publication/tourisme-vin-clienteles-francaises-internationales-concurrents-france

Ministère de l’économie, des Finances et de l’industrie, Direction générale de la compétitivité de l’industrie et des services Chiffres clés du tourisme Edition 2010 http://www.tourisme.gouv.fr/stat_etudes/c_cles/chiffres_cles10.pdf

[2] Source recensement agricole, service de la statistique Ministère agriculture.