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Publié le 15.03.2011
par Vin & Société
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Olivier Magny : « il faut rendre le vin sexy ! »

Invité du « Pavillon Vin » dans le cadre du Salon de l’Agriculture, Olivier Magny, sommelier hors pair – et hors cadre - est à l’honneur du tiré à part spécial « Vin & Société » de Grand Seigneur, par Technikart. Son actualité : l’ouverture, il y a 15 jours, de O Château, « bar à grands vins » destiné à la dégustation. Dédiée aux tendances, notre table ronde lui a permis de nous livrer, sans ambages, sa vision du vin en France…


O Château est né d’une envie :

Faire déguster et découvrir les vins français aux étrangers, certes… mais dans une ambiance festive! Car selon Olivier Magny, « on s’ennuie à Paris ! Pour boire du bon vin dans des endroits sympathiques, l’offre est réduite ». Il poursuit : « avec la loi Evin, les Français ont appris que vin égale danger. Alors que les étrangers découvrent cette culture sans interdits, et ont donc plus envie que nous…». Pour le jeune entrepreneur autodidacte, c’est donc sa rencontre avec les américains « plus jouisseurs, plus curieux, avec un esprit différent » qui a été déterminante dans ce projet. Elle lui a donné l’envie de créer de « drôles » de soirées, axées sur la joie du parcours et de la découverte, dans la ligne des croisières au Champagne ou même de la dégustation en altitude déjà organisées par ce pourfendeur d’idées reçues. Et les clients, principalement des américains et des britanniques, devraient apprécier. C’est d’ailleurs pour eux qu’il a constitué une cave d’une très grande variété. « Chez nous, le verre de vin coûte de 1.60… à 350 euros » et la cave d’O Château recèle quelques trésors, comme des Yquem, Pétrus, Margaux ou autres Conti…

Pourtant, Olivier Magny ne s’avoue pas vaincu !

Il dresse quelques pistes pour restaurer l’intérêt des français pour le vin. D’abord, s’affranchir de ce qu’il estime être une forme d’hypocrisie : « aujourd’hui en France, on diabolise le vin, alors qu’on en boit deux fois moins mais que l’on consomme cinq fois plus d’anti dépresseurs qu’il y a 30 ans ! ». Et pour cela, il faut réapprendre la culture du vin, ses origines : « on peut parler du vin des heures, sans boire une seule goutte. Toute est affaire de découvertes, de rencontres.» O Château se veut donc un endroit très agréable où découvrir la passion du vin : « Il faut faire de la dégustation de vin un moment de qualité… »Et la révolution doit avant tout toucher les jeunes : « aujourd’hui, la génération des 20 à 35 ans a perdu son lien avec la ruralité. Il faut donc entrer dans une démarche active d’éducation…plutôt que d’apprendre à être de bons consommateurs de masse de plats ou de boissons très mauvais. ». Enfin, il est temps de faire preuve de curiosité et d’ouverture… pourquoi pas en s’inspirant du nouveau monde ? « Moi, je ne suis pas du sérail, mais je suis curieux, il faut se réveiller ! Aux Etats-Unis, le vin est synonyme de sophistication ! Les séries américaines ont contribué à en faire la boisson glamour des « cougars » (femmes mûres séduisant des hommes plus jeunes qu’elles, NDLR). » Et l’exemple américain ne s’arrête pas là : « il faut cesser d’opposer qualité et marketing. Dans la Napa Valley, ils ont très bien réussi ce mélange et il y a beaucoup à en apprendre ! Il faut rendre le vin sexy ! ». A bon entendeur…