Portrait Pascaline Lepeltier

Sommelière et associée du restaurant "Racines" à New York après avoir supervisé pendant 10 ans le programme des boissons de Rouge Tomate NY, Pascaline Lepeltier (trois fois finaliste du Meilleur Sommelier de France en 2008, 2010 et 2012) nous apporte depuis New York un autre regard sur les nouvelles tendances du monde du vin.

Une curiosité accrue, plus d’ouverture

Interrogée sur les nouvelles tendances dans le monde du vin, Pascaline cite spontanément la curiosité accrue des consommateurs de vin, leur envie d’aller chercher ailleurs, au-delà des grands classiques. Différence avec l’Europe : « l’appétence pour les vins du monde est depuis longtemps la règle dans le melting-pot new-yorkais. Par exemple, la tendance des vins géorgiens existe depuis 5 ans chez nous ! » précise Pascaline. Curieux, les américains (et spécialement la nouvelle génération) sont aussi sensibles à l’histoire qui est racontée autour de la marque, à ses valeurs, à ce qui la différencie. Instagram et Twitter, qui se prêtent parfaitement au storytelling, ont d’ailleurs détrôné les sources d’influence classiques, comme les guides et barèmes de Robert Parker.  « Ce qui a pris le pas, ce sont des cercles d’influenceurs sur Instragram et les applications comme Vivino ou Delectable », selon Pascaline.

Moins de snobisme

« Aux USA, l’appétence pour le vin est en train d’exploser. Avant, il y avait les experts et les consommateurs basiques. Maintenant, le consommateur « type » est plus fin dans sa dégustation. Mais pour autant, nous ne sommes pas dans un pays snob. Le langage du vin est très abordable, absolument pas élitiste comme ça peut l’être en Europe. Cela s’explique sans doute par une certaine culture du service client (les gens de salle étant généralement payés au pourboire) qui tient avant tout compte de ses besoins à lui et veille donc à être accessible à tous. »

 

Des millennials super connectés, ayant la soif d’apprendre

Qu’en est-il des millennials aux USA ? S’intéressent-ils au vin de la même façon qu’en Europe ? Selon Pascaline, la différence tient surtout au fait que « les millennials américains viennent plus rarement de familles ayant la culture du vin. De fait, ils se montrent hyper curieux et passionnés. Pour assouvir cette soif de savoir, ils ont en plus les moyens financiers ». Comme en Europe, Pascaline remarque qu’ils sont aussi super connectés et sensibles à un système de valeurs (esthétiques, œnologiques, morales…).  « Tout ce qui est vin nature », marche bien souligne-t-elle ainsi. Enfin, comme le montre leur intérêt pour l’émission « Action Bronson » de la chaîne Vice, les jeunes américains apprécient une communication franche et sans « bobards ». Avec une forte appétence pour la recherche du « Next Cool ».

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