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Publié le 22.10.2011
par Vin & Société
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Le Centre Culturel et Touristique du Vin : donner envie !

Donner à voir, donner envie : à Bordeaux, le prochain Centre Culturel et Touristique du Vin qui ouvrira fin 2014 est avant tout – comme le suggère son design, un projet audacieux. Loin d’être une simple vitrine technique d’une spécificité régionale, il aspire à mieux incarner, pour mieux le transmettre, un patrimoine culturel universel. Ses 14 000 mètres carrés seront donc consacrés à la découverte d’un vin ancré dans la vie, entre visite immersive, expériences polysensorielles, dégustations étonnantes et conférences culturelles. Projet inspiré, il illustre surtout un nouveau rapport au vin, culturel et responsable, très proche de celui défendu par Vin&Société. Rencontre et visite guidée avec Laurence Chesneau-Dupin Directrice de la culture et des programmes.


Un lieu dédié au vin à Bordeaux

Le projet, évident sur le papier mais aux contours encore flous, trottait dans la tête des institutionnels du territoire depuis bien longtemps. C’est en mars 2009, avec la nomination d’un chef de projet, qu’il acquiert enfin toute sa chair. « Le regard sur ce patrimoine était arrivé à maturité. Le projet de faire classer le repas des français au Patrimoine mondial de l’humanité faisait échos à notre démarche, les choses se sont enclenchées » raconte Laurence Chesneau-Dupin. Le projet est tout de suite porté par cinq entités : la ville de Bordeaux et son maire Alain Juppé, la Communauté Urbaine de Bordeaux, la Région Aquitaine, le Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux et la Chambre du Commerce et de l’Industrie. Plus largement, il s’appuie sur des subventions de l’État et de l’Europe et un plan de financement par des acteurs privés via du mécénat. Des soutiens nombreux, au service d’une ambition nécessairement fédératrice : créer enfin un lieu unique au monde dédié au patrimoine et à la culture du vin. « Nous l’avons conçu comme un véritable centre d’interprétation du patrimoine (NDLR : un centre d’interprétation a pour ambition de fournir au public des clés de lecture d’un patrimoine, à travers notamment son histoire, son imaginaire, ses métiers et leurs savoir-faire). Au cœur de la visite, le public découvrira un parcours de neuf modules autonomes, sur un plateau de 3500 m2. Il permet de raconter comment, depuis plus de 7000 ans, le vin inspire nos modes de vie, nos territoires, nos arts, notre littérature, nos arts de la table…et, plus largement, les rapports entre les hommes et la convivialité. L’ensemble constitue une approche visuelle, globale et universelle, comme un voyage dans le temps et l’espace autour du vin ». Personnage central, le vin se dessine et s’illustre aussi comme un « touche à tout » à travers une kyrielle de propositions : « le Centre comprend une salle d’expositions exclusivement temporaires permettant d’accueillir des œuvres et des manifestations artistiques sur le thème du vin. Des salles de dégustation qui permettront aux curieux, et pas uniquement aux spécialistes, de découvrir le vin de manière inédite ou des confrontations en relation avec le parcours culturel comme « le Cabernet ici… et au bout du monde »,. Le Centre proposera aussi des événements scientifiques vulgarisés au sens noble, une médiathèque et des rencontres culturelles, selon une programmation très variée… » Lieu de culture, autant que de flânerie urbaine, le Centre flirte aussi avec le concept store en proposant une librairie, un bar à vins et une boutique de produits dérivés. Il n’oublie pas non plus de rendre un hommage appuyé à la gastronomie, indissociable du vin : « au dernière étage de cette forme si étonnante, il y aura un restaurant panoramique, un endroit remarquable et unique à Bordeaux ».

Si son architecture lumineuse et écoresponsable favorise la circulation, ouvre sur la ville et la vie alentour, c’est que le Centre veut surtout donner envie d’en savoir plus. D’y revenir, certes, mais aussi explorer le vin et sa culture sous d’autres latitudes… « Bordeaux est une grande destination du vin et la Ville est déterminée à le servir dans son ensemble. A ce titre, le Centre sera bien ancré dans son territoire, tout en étant un lieu de plaisir et de renouveau. Il abritera ainsi un « oenoffice du tourisme » pour partir sur les Routes des vins d’ici et d’ailleurs, et où les visiteurs pourront organiser concrètement leur séjour. Au pied du Centre, une navette fluviale ralliera ainsi le Médoc ou St Emilion par exemple. Nous proposerons aussi, avec les musées et structures régionales de découverte du vin, des parcours ou des initiatives communes. Nous voulons vraiment faciliter la découverte physique du vignoble, avec cette idée que le Centre n’est qu’un point de départ, mais que rien ne remplace l’expérience de terrain , la rencontre d’un caviste ou vigneron. Toujours dans cette idée, tout en haut du Centre, un belvédère permettra, en réalité augmentée, de voir les vignobles 2, 20, 200 et 2000 km plus loin… »

Voir plus loin : l’éveil à la responsabilité s’affirme comme le nécessaire corolaire du parcours culturel proposé. « Nous voulons être un maillon de la chaîne de l’éducation à la responsabilité : en lien avec l’éducation nationale, le Centre proposera des ateliers pédagogiques pour les enfants, permettant de rattacher les métiers du vin à la chimie, la géographie ou la littérature. D’autres animations viseront à développer leurs sens ou permettront un travail sur le goût. Dans tous les cas, nous leur expliquerons pourquoi et comment le vin fait partie du patrimoine. Pour nous aider à élaborer l’ensemble des contenus proposés dans le Centre, nous avons réuni un comité scientifique pluridisciplinaire. Il regroupe des historiens, des géographes mais aussi Madame Tarby, présidente de Vin&Société ou Hubert Sacy, directeur général d'Éduc'alcool, dont les positions et travaux pourront nous éclairer. Le vin est un élément structurant de notre civilisation à beaucoup d’égards et il faut aborder sa juste consommation, sans tabous mais avec sincérité »… Le Centre Culturel et Touristique du Vin engage d’ailleurs une réflexion sur un projet de loi « pour le vin » qui reconnaitrait officiellement sa valeur patrimoniale et culturelle.