Miss GlouGlou
Je m’appelle Ophélie Neiman, je suis une joyeuse amoureuse du vin, ni œnologue, ni...

Tout beau, tout bio ?… L’engouement des Français pour le bio semble être plus qu’une passade. Une tendance qui répond, plus largement, à de nouvelles préoccupations de protection de l’environnement et des individus à tous les stades de la production. Au sein de la filière Vin, cela se traduit par le développement de différents systèmes de production viticoles soucieux du respect de l’environnement : agriculture biologique, certes, mais aussi intégrée, raisonnée, durable. Parmi elles ; la viticulture biologique est en France le secteur de l'agriculture bio qui progresse le plus chaque année. Alors, pour protéger le consommateur, et éviter de transformer le bio en un simple « argument marketing », les pouvoirs publics ont mis en place un cahier des charges définissant les règles de production du raisin biologique.. De leur côté, certains vignerons ont choisi de poursuivre au chai ce mode de production biologique en s’imposant eux-mêmes des cahiers des charges indépendants, concernant la vinification. Les intrants y sont alors très limités. Mais au sein de ce courant biologique, entre les différentes mentions, labels et logos précisés sur l’étiquette… difficile de s’orienter! Viticulture raisonnée ou biologique, biodynamie, labels ou signes officiels de qualité, Vin&Société vous donne toutes les clés pour mieux vous y retrouver !
Le bio, une tendance de fond
Soif de naturel, souci de l’environnement, bien-être animalier ou encore goût de l’authentique : en France, le bio a le vent en poupe, comme l’atteste le Baromètre de consommation et de perception des produits biologiques en France (Agence Bio / CSA Octobre 2 009). Depuis 2007, la consommation des produits biologiques s’inscrit résolument dans une tendance positive. Dans un contexte général de « crise », 75 % des acheteurs déclarent avoir maintenu leurs dépenses de produits biologiques (avec même une légère hausse par rapport à 2008 : 74% vs 71%). Ils sont 10% à déclarer les avoir augmentées… Cette année, ce sont ainsi 46% des Français qui consomment des produits biologiques « au moins 1 fois par mois », contre 44% en 2008 (et 42% en 2007). Et les vins ne sont pas en reste : parmi les produits bio achetés, il représente maintenant 18 % (contre 11% en 2008). D’ici 2015, les surfaces en bio devraient atteindre 12 % du vignoble français, pour une production de 2,5 millions d’hectolitres.
Achats : comment s’orienter ?
Pour le moment, c’est un fait : au moment de faire leurs courses, pour les Français, la naturalité des aliments (90%) et la préservation de l’environnement (89%) s’imposent comme des valeurs sures… Tellement sûres, que 4 Français sur 10 trouvent normal de payer plus cher pour un produit biologique…Des prix que justifient, quand les contraintes « biologiques » sont respectées, le temps supplémentaire ou la plus grande fragilité des productions face aux maladies et aléas climatiques. Mais parfois aussi, une manne pour des producteurs ou distributeurs qui souhaitent profiter de cette vague de consommation, de plus en plus marketée.Le vin ne fait pas exception : de fait, les mentions d’inspiration « bio » fleurissent sur les bouteilles.Toutefois, seuls les vins faisant l’objet d’une certification qu’ils doivent attester peuvent alléguer la mention bio..Certes, aujourd’hui 52% des consommateurs estiment être bien informés sur les produits biologiques dans leur ensemble… contre 40% en 2005. Et, au moment de choisir, la marque AB (Agriculture Biologique)s’impose comme le principal facteur de reconnaissance (87% de notoriété,et 39% pour le logo européen qui enregistre une importante progression). Mais, loin derrière, les mentions «produit issu de l’agriculture biologique » (en forte baisse 49% vs 67%) ou la « signalétique en rayon » (en légère baisse 46% vs 51%) peinent à convaincre. Enfin, la « marque distributeur » pour la première fois mesurée, enregistre un score non négligeable de 18% (arrivant ainsi au 5ème rang)….Alors en matière de vins biologiques, comment s’y retrouver ?
Viticulture raisonnée, viticulture biologique…
Toutes deux issues du développement des préoccupations environnementales, les viticultures raisonnée et biologique sont développées sur la base de la volonté de chaque producteur. Elles obéissent à des normes précises… et différentes.
Viticulture raisonnée.
L'agriculture raisonnée est une démarche globale de gestion d'exploitation qui vise, au-delà du respect de la réglementation, à renforcer les impacts positifs des pratiques agricoles sur l'environnement et à en réduire les effets négatifs, sans remettre en cause la rentabilité économique des exploitations.Elle est née en France en avril 2002, avec la parution au Journal Officiel du décret n°2002-631, relatif à la qualification des exploitations agricoles. Seuls les agriculteurs qui satisfont les exigences du référentiel national peuvent demander leur qualification, accordée pour une période de 5 ans après audit par un organismecertificateur. Concrètement, elle peut se traduire par des vignes traitées chimiquement uniquement si nécessaire, et avec le produit le moins nuisible à l’environnement… De la même façon, le sol est désherbé le plus souvent (chimiquement ou mécaniquement) mais peut être ré-enherbé en milieu de rang.Ce référentiel est le même pour toute l’agriculture française, il n’intègre donc pas les spécificités de la viticulture et porte presque exclusivement sur la production primaire. Cependant, suite au Grenelle de l’environnement, une nouvelle certification dite « HVE » (haute valeur environnementale), relative au système de production,devrait être mise en place. Cette certification, qui comportera 3 niveaux, s’inspirera largement de la certification « agriculture raisonnée» déjà existante. Fédération nationale représentative de l’agriculture raisonnée, Terra Vitis a été créée en Beaujolais en 1998, par des viticulteurs décidés à faire valoir leurs techniques culturales et leurs engagements respectueux de l'environnement. Basé sur un référentiel exigeant (révisé chaque année), du cep de vigne à la bouteille, Terra Vitis garantit une traçabilité du vin : chaque intervention sur le terroir, la vigne, le raisin ou le vin se trouve justifiée par des observations. Le respect de ce processus est vérifié par un organisme indépendant et externe. Terra Vitis, rassemble aujourd’hui six associations régionales, soit 410 exploitations viticoles.
La viticulture biologique…
Il n’existe pas, pour le moment, de label « Vin biologique » à proprement parler. Ainsi, seule peut figurer sur l’étiquette la mention "vin produit à partir de raisins issus de l'agriculture biologique", ce qui signifie que si les raisins sont bien certifiés « issus de l’agriculture biologique », la vinification, elle, ne fait pas encore l’objet d’une réglementation européenne. En France, les surfaces en agriculture biologique/biodynamique représentent aujourd’hui un peu moins de 2% de la SAU nationale.
Pour être certifié « biologique », le raisin doit donc obtenir le label Agriculture Biologique (AB) – voir encadré . Celui-ci se distingue essentiellement par l’exclusion de l’usage des pesticides de synthèse, des engrais chimiques de synthèse et des OGM. Le label certifie donc que les vignes sont traitées avec des produits d’origine naturelle ou minérale pour aider la vigne à se défendre par elle-même, que les apports sont des fumures organiques ou que les seuls fongicides autorisés sont à base de soufre ou de cuivre. Pour toutes ces raisons, le choix d’une viticulture bio implique pour le producteur un supplément de temps, ou de main d’œuvre, et un rendement plus instable (aléas météorologiques, maladies…) qui peut se traduire par des prix plus élevés.
Du côté de la vinification biologique, les vignerons, soucieux de garantir la qualité de leur production, ont décidé de soumettre leurs procédés à des chartes privées très strictes. Ils se soumettent donc régulièrement à la certification d’organismes indépendants tels que Nature et Progrès (Viticulture biologique et recommandations pour la vinification) ou la Fédération Nationale Interprofessionnelle des Vins de l'Agriculture Biologique, FNIVAB (charte viticulture bio). Ces chartes décrivent les différentes phases de l’élaboration des vins respectueuses de l’environnement (du raisin à la bouteille) : procédés de récolte, produits et pratiques intervenant sur les moûts et les vins (sulfitage, levurage, stabilisation, clarification, filtration coloration etc...)
… et biodynamique !
plus pointue, la biodynamie est une branche de l’agriculture biologique s’appuyant sur les travaux de Rudolph Steiner, fondateur dans les années 1920 de l’anthroposophie : la terre est vue comme un ensemble vivant et le viticulteur s’efforce de favoriser la vie des sols qui en retour lui donneront de beaux raisins. Représentant pour le moment moins de 10% des surfaces exploitées en bio, la biodynamie se distingue ainsi par le refus d’utilisation des produits chimiques de synthèse. Elle se singularise par l’emploi de préparations végétales, animales et/ou minérales pulvérisées sur la vigne à dose homéopathique afin de renforcer l’activité biologique des sols et les défenses naturelles de la vigne. Dans la pratique, les mêmes matières premières d’origine naturelle que celles utilisées en viticulture biologique sont appliquées, auxquelles s’ajoutent des bouillies et préparations spécifiques préalablement brassées (dynamisées) puis épandues selon un calendrier qui prend en compte les rythmes cosmiques. Il existe, comme pour la viticulture biologique, plusieurs organismes de certification privé, comme Demeter (viticulture en biodynamie et vinification avec peu de soufre) ou Bodyvin( viticulture en biodynamie, également contrôlée Ecocert)… La biodynamie ne concerne que la production de raisin.
Et le vin naturel ?
Même si tous les vins sont « naturels », car fruits de la nature et du travail de l’homme, les vignerons naturels se définissent comme « non-interventionnistes », et évitent ou limitent autant que possible les manipulations et les pratiques œnologiques physiques ou microbiologiques pour leurs vins. Difficile à réaliser, le vin « naturel » ne possède pas de système de certification et tend donc à être un idéal pour les vignerons qui le pratiquent selon certains critères : produit en petites quantités,par des producteurs indépendants, sur des vignobles à faible rendement, à partir de raisins biologiques vendangés à la main, sans sucre ajouté et sans levures étrangères au terroir, sans correction d'acidité. La plupart des vins naturels ne sont pas filtrés. Un vin naturel ne contient pas plus de : 10 mg/l de soufre pour le rouge et 25 mg/l de soufre pour le blanc. Enfin, si du dioxyde de soufre est ajouté dans le vin, ce sera en quantités faibles à la mise en bouteille mais beaucoup sont produits sans ajout de dioxyde de soufre.
Focus sur le label AB
L'agriculture biologique est reconnue par les pouvoirs publics français depuis1980, elle bénéficie depuis 1991 d'un règlement européen pour les produits végétaux, complété en 1999 par un règlement pour les produits animaux. Destiné à informer le consommateur, le logo « AB » garantit qu'un aliment est issu d'un mode de production attentif à l'environnement qui interdit l'utilisation de produits chimiques de synthèse et respecte le bien-être des animaux. Six organismes de certification agréés (Ecocert, Agricert, Certipaq, Qualité France, SGS-ICS et Certisud), contrôlent les exploitations au nom des pouvoirs publics pour vérifier le respect des clauses bio de la réglementation française et européenne. Le nom de l'organisme certificateur doit obligatoirement figurer sur l'étiquette avec la mention « issu de l'agriculture biologique ».Tout opérateur volontaire doit donc déclarer son activité, s'engager à respecter l'ensemble des règles spécifiques à l'agriculture biologique et se soumettre en permanence au contrôle d'un organisme certificateur agréé par les pouvoirs publics. A noter : comme il faut 3 ans pour convertir un domaine à l’agrobiologie, la première récolte en bio certifié étant celle de la 4e année après l’arrêt d’utilisation des produits chimiques.
D’après l’Agence Bio, ce label garantit pour l’ensemble des produits agroalimentaires:
Les autres signes officiels de qualité du vin en France
A ce titre, le vin est de longue date le produit agroalimentaire qui bénéficie de la réglementation et du contrôle le plus exigeant, tant en matière d’origine que de modes d’élaboration et de respect des traditions, notamment au travers des Appellations d’Origine Contrôlées.