Miss GlouGlou
Je m’appelle Ophélie Neiman, je suis une joyeuse amoureuse du vin, ni œnologue, ni...

Pour les vins de Loire, l’année 2010 marque une nette reprise, après une année 2009 marquée par le gel du printemps 2008 qui avait perturbé le marché, du Muscadet notamment. Avec une croissance de + 6% en volume, les vins de Loire ont sorti des chais près de deux millions d’hectolitres. René-Louis David précise : «en termes de commercialisation, cette progression s’observe aussi bien en restauration qu’en grande distribution (qui enregistre une progression de 2%) ». Une année riche, donc, et des actions que l’interprofession a décidé de valoriser auprès de ses trois cibles – filière, distributeurs, consommateurs, à travers une campagne de communication.
2010 est aussi l’année d’une véritable reprise de l’export, qui bondit de 20% en valeur. A l’origine de ce succès des vins de Loire, entre autres, « leur diversité et leur digestibilité, qui leur permettent de très bien s’adapter en restauration et à l’export. C’est le cas par exemple au Royaume-Uni, où la progression est de 40% en valeur. En Allemagne, c’est le Crémant de Loire qui enregistre un franc succès, « à l’image de l’ensemble du marché des Fines Bulles qui se porte bien… Autre marché phare, les États-Unis : «notre nouvelle frontière : c’est notre deuxième marché en valeur, le troisième en volume ». Comme pour d’autre interprofession, la Russie et la Chine s’affirment comme les prochains marchés émergents, même si pour le moment, « les volumes sont encore faibles car nous n’avons pas de réelle puissance commerciale. Mais la grande diversité de nos produits devrait être un atout ». Pour se rendre plus visibles, les vins de Loire ont donc lancé des plans de communication dans ces deux pays, financés avec l’aide des fonds européens, d’un montant de 200 000 euros par an. « A l’international, nous menons des actions, notamment de formation, auprès de nos prescripteurs, tels que les sommeliers ou journalistes. C’est un investissement à moyen terme, mais il va nous permettre de toucher indirectement les consommateurs».
Claire Duchêne explique : « notre stratégie est basée sur notre « capital sympathie ». Certes, nous n’avons pas d’antériorité, mais nous sommes quand même le troisième vignoble français en volume. Notre stratégie se déploie en trois axes. D’abord, donner une identité aux vins de Loire, en s’appuyant sur les images positives associées au patrimoine touristique (comme les Châteaux de la Loire) et surtout au Fleuve : son côté nature, sauvage, beau et toujours accessible. Ensuite, capitaliser sur la jeunesse de nos consommateurs : 44% d’entre eux ont moins de 44 ans ! Ce sont ces jeunes adultes qui ont vraiment permis de désacraliser l’approche du vin et de généraliser le vin à l’apéritif, surtout dans les grandes villes. » C’est donc pour aller à la rencontre de ce public que, parmi ses actions de communication, InterLoire s’est associé dès le départ au grand mouvement du Fooding. « Aujourd’hui il est important d’activer tous les supports de communication à notre disposition en presse, à la radio et sur internet (le site affiche plus 750 000 visites par an). InterLoire a aussi développé une appli Iphone® qui permet de géolocaliser les caves, de trouver des accords mets et vins et de consulter les agendas et actualités du vignoble. Plus traditionnel, le Salon des Vins de Loire (seul dédié à une région), accueille depuis vingt ans tous les professionnels – ils étaient 9500 à la dernière édition. Sa tenue en début d’année, (juste après le lancement des millésimés), permet de présenter le nouveau millésime (70% des vins de Loire sont consommés dans les deux ans après leur production). Enfin, les quatre Maison des Vins de Loire à Angers, Saumur, Tour et Nantes présentent une sélection représentative de 70 vins de la région qu’elles proposent à la dégustation et accueillent le grand public pour des animations thématiques ».
L’interprofession n’a pas oublié l’oenotourisme dans sa stratégie de communication. Claire Duchêne : «en France, l’oenotourisme est boosté par la proximité de Paris. Parmi les touristes étrangers, nous comptons surtout des belges, des anglais et des néerlandais, quelques chinois et quelques russes « . Ensuite, nous avons mis en place, en lien avec les Comités Départementaux du Tourisme, une charte d’accueil signée par 450 caves qui détiennent un label « Caves touristiques ». De plus, cinq de nos régions ont déjà obtenu le label Vignobles et Découvertes. » Autre atout de poids dans cette opération de séduction, le lancement il y a huit ans de l’opération Vignes, Vins & Randos. Chaque année, le 1er week-end de début septembre, le Val de Loire accueille ainsi 6000 participants, en famille ou entre amis, pour découvrir treize randonnées savoureuses. Objectif : permettre aux vignerons et professionnels de faire partager leur passion, leur terroir et leur savoir-faire… tout cela sur fond de paysages inscrits, en majorité, au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. Claire Duchêne reprend : « Il s’agit vraiment de deux journées phares, inscrites dans la tradition d’accueil « à la cave » de la région. Cela favorise la rencontre et bien sûr, la vente directe… Notre potentiel de réception augmente et avec lui, le nombre de visiteurs et de commandes. Nous comptons en moyenne 100 euros d’achat à chaque visite de cave ».
René-Louis David conclut : « 2012 s’annonce comme une année phare. Tout d’abord, nous menons un travail de positionnement sur l’ensemble de nos appellations. Ce travail a démarré au 1er trimestre 2011 et se poursuivra en 2012. Ensuite, à l’export, nous avons mis tous nos budgets en compétition. Nous voulons trouver des idées nouvelles pour y booster notre progression. Il s’agira partout de valoriser nos atouts : qualité, diversité, prix et de lancer de nouvelles expériences comme le lancement du Rosé d’Anjou aux États-Unis avec des retours très positifs de nos metteurs en marché ».