Logo La Journée Rosé de Provence

Le Syndicat des jeunes agriculteurs du Var, par l'intermédiaire du canton du Golfe de Saint-Tropez, vient d'organiser pour la deuxième année consécutive la Journée Rose de Provence. La Journée prend de l'ampleur, les actions responsables aussi. Alexandre Latil revient sur la place que doit prendre la responsabilité lors des événements viticoles, pour la promotion d'une consommation plaisir et modérée.

Alexandre LatilAlexandre Latil,
Organisateur de la Journée Rose de Provence

Qu'est-ce que la Journée Rose de Provence ?

La Journée Rose de Provence, c’est une journée de découverte des vins rosés et de sensibilisation organisée par les Jeunes Agriculteurs du Var. Le succès de la première édition de 2012 nous a confortés dans l’idée de renouveler l’opération en 2013. Ainsi, le 16 juillet dernier, les jeunes agriculteurs du Var ont investi le Golfe de Saint-Tropez pour aller à la rencontre du public pour partager leur enthousiasme, faire découvrir leur métier et leur rosé. Une manière d’être dans une démarche proactive d’échanges et d’informations puisque nous inversons le mode de rencontres habituel : dans la grande majorité des cas, c’est le consommateur qui vient à la rencontre du vigneron dans les caveaux. Cette journée est l’occasion d’inverser la tendance. Au programme de cette 2ème édition : animations et dégustations organisées par les vignerons, en compagnie d’hôtesses, dans les centre-ville de 12 communes du Golfe, dans des restaurants partenaires et sur les plages de Pampelone et Sainte-Maxime, distribution de bracelets, de flyers, de lunettes, sans oublier des éthylotests et cartes repères de consommation et alcoolémie.

Quel est le message que les jeunes vignerons du Var veulent faire passer à travers l'organisation de cet événement ?

Par cet événement, il ne s’agit en aucun cas de faire la promotion d’un rosé plus qu’un autre ou de vendre nos produits.  Le but est avant tout la valorisation de notre métier. Car derrière la tendance du rosé, il y a des hommes et femmes passionnés, souvent des jeunes, qui baignent dans une tradition viticole forte et qui s’impliquent dans un métier riche en valeurs et en savoir-faire. Il s’agit de défendre notre héritage et notre futur. Lors de ces deux éditions, nous avons pu mettre en avant une profonde culture du vin, qui porte sur la convivialité vigneronne et la consommation responsable. Les gens ont souvent une image désuète des vignerons. Alors quand ils voient, sur ce type d’événement, que les vignerons peuvent être jeunes et porter des messages riches en sens, tant sur le volet métier que le volet responsabilité, ils sont surpris et apprécient vraiment d’apprendre de nos métiers, de comprendre ce qui est concrètement fait dans les vignes pour améliorer la qualité de nos vins, etc. 

Vous parlez de responsabilité. Cela semble prendre une place importante dans l'organisation de la journée. Qu'en est-il concrètement ?

Aujourd’hui, il est indispensable pour notre filière d’intégrer cette notion de responsabilité sur nos événements et de devenir un vrai relai d’information sur le sujet. Nous sommes sans cesse catalogués, les acteurs publics nous accusent à tout va sur les problèmes de santé publique liés à l’alcoolisation des publics. Il est donc important de montrer l’implication de la filière sur le terrain. Nous devons prendre les devants. Conscients de ces enjeux, nous avons décidé dès le départ que la Journée Rose de Provence serait l’occasion de sensibiliser les gens à la consommation plaisir et responsable. C’est pourquoi l’année dernière, 200 éthylotests ont été distribués pendant la journée. Cette année, nous souhaitions que ce volet responsabilité prenne de l’ampleur. Ce qui a d’ailleurs permis de fidéliser nos partenaires de l’année dernière, et de convaincre des nouveaux de nous rejoindre, convaincus de l’intérêt de mettre en place de telles actions. Cette année, nous avons distribué 5000 éthylotests, ainsi que  5000 cartes repères de consommation et alcoolémie. Nos hôtesses étaient également formées au discours responsable et la dégustation se limitait à un verre de 10cl par personne. Un véritable dialogue s’est instauré grâce à cela, portant non seulement sur le vin et notre métier, mais aussi sur la consommation responsable.

Comment cette distribution d'éthylotests et de cartes de consommation responsable a-t-elle été perçue auprès de vos publics ?

Le fait que ce message de responsabilité soit porté par des jeunes renforce l’impact de notre action. En plus, les institutionnels ont vu notre ouverture d’esprit par ce biais-là. Un syndicat qui fait « pour une fois » une action positive est à valoriser. Le public a très bien accueilli cette initiative. En effet, nous avons pu constater le manque d’information sur ces repères. Nous avons eu des réactions très spontanées de personnes consultant en direct les cartes repères, nous confiant leur manque d’information à ce sujet, pourtant jugée utile. La totalité des éthylotests et des cartonnettes a été distribuée. Un véritable succès, il nous en faudrait encore davantage pour l’année prochaine. L’éducation des publics est aussi importante, car elle induit un respect du produit. Les gens réagissent beaucoup sur la découverte sensorielle des vins dégustés. Un échange éducatif s’instaure à ce moment-là entre eux et nous. Education et responsabilité constitue un véritable combo gagnant pour la consommation plaisir et modérée ! 

Mots-clés

Google+ Linkedin Partager par Email