Crédit photo - Maxime Huriez

Arnaud Robinet / Député maire de Reims / 16 octobre 2015 / Reims

« À Reims, on ne parle pas de bouteille de champagne, mais de flacon. On ne boit pas le champagne, mais on le déguste, on ne trouve pas de vin de champagne, mais du nectar. Dans le champagne, à Reims, on ne trouve pas de bulles, mais des milliers de perles, et le vin ne pétille pas, il est effervescent. Enfin, à Reims, le champagne est synonyme d’harmonie et d’art de vivre. »

 

Catherine Vautrin / Présidente de Reims Métropole / 16 octobre 2015 / Reims

« Le champagne a rassemblé de grands noms de l’histoire. Churchill et Napoléon avaient un point commun : ils fêtaient les victoires comme les défaites avec le champagne. »

« Promouvoir l’excellence, promouvoir un vin de qualité, c’est promouvoir le plaisir de partager un moment ensemble, le plaisir de découvrir de nouveaux nectars. » 

 

Rut Schereiner / Chef d’orchestre / 16 octobre 2015 / Reims

« Je ne pense pas qu’un vin suscite une musique, mais peut-être le contraire. Une certaine musique peut appeler un vin.»

« La musique me prend complètement. J’ai eu plusieurs fois l’impression, en travaillant une partition pendant de nombreuses heures, de connaître le compositeur, et d’avoir une certaine intimité avec cette personne que je n’ai pas connue personnellement. C’est toujours un moment très émouvant de se dire que l’on connaît cette personne, et de ressentir ce qu’elle a ressenti. J’ai l’impression qu’avec le vin, c’est la même chose. On arrive à avoir cette étincelle d’humanité, de divin à travers la création. »

 

Haïm Korsia / Grand rabbin de France / 16 octobre 2015 / Reims

« Les maximes des pères assurent que l’on ne connaît réellement un homme qu’en trois circonstances : son verre, sa poche et sa colère. »

« J’ai le sentiment que le vin doit nous permettre de nous élever, sans perdre le contact avec la réalité. »

« Le vin, c’est peut-être l’élément qui incite l’homme à trouver la juste mesure. »

« Le cantique des cantiques dit à peu près cela : "Je me suis occupé des vignes de tous, mais ma propre vigne, je ne l’ai pas plantée, je l’ai oubliée". C’est une façon de dire que cultiver sa vigne, c’est cultiver son jardin secret.»

« En hébreu, le mot "vin" se dit "yayin", et sa valeur numérique est de 70, c’est-à-dire la même que le mot "secret". D’où une phrase très jolie : "Le vin entre, le secret sort". Cela veut donc dire que le vin nous permet d’atteindre une strate de secrets, d’interprétations des textes. »

 

Abdennour Bidar / Philosophe / 16 octobre 2015 / Reims

« Nous pouvons aussi parler de la transformation du jus de raisin en vin. Il y a là véritablement quelque chose de l’ordre, sur le plan symbolique, de l’évocation d’une véritable alchimie, c’est-à-dire d’une véritable métamorphose de l’âme, d’une qualification spirituelle de l’âme, d’une spiritualisation de l’âme qui passe de sa réalité première, qui est une réalité ordinaire, sensible, à une réalité supérieure qui est symbolisée justement par l’ivresse. Cette ivresse qui, selon les poètes mystiques qui ont célébré le vin, est l’ivresse de l’homme devenu, par sa transformation intérieure, capable de dieu, c’est-à-dire capable de faire l’expérience en lui-même de quelque chose qui est plus grand que lui-même. »

« Ce qui est offert aux individus dans notre société, les jeunes et les moins jeunes, ce sont simplement des espèces de parenthèses enchantées dans un monde au sein duquel il n’y a plus d’espérance collective, où il n’y a plus du tout de projet collectif, où il n’y a plus du tout d’horizon de transcendance. Nous avons donc la transcendance que l’on peut, l’ivresse que l’on peut, et faute d’une culture qui nous permettrait d’aller vers une ivresse qui serait une ivresse d’un véritable partage, voire l’ivresse mystique dont nous parlions tout à l’heure, nous avons cette espèce de pauvre ivresse qui n’exprime que beaucoup de désarroi et beaucoup de souffrance. »

 

Jean-Claude Carrière / Scénariste et écrivain / 16 octobre 2015 / Reims

« Quand on m’a envoyé au Festival de Cannes pour rencontrer Buñuel pour la première fois, la première question qu’il m’a posée, c’est si je buvais du vin. Je lui ai dit que non seulement je buvais du vin, mais que j’étais d’une famille de petit vigneron. On avait déjà un point en commun, outre la latinité, le fait que nous étions tous les deux Méditerranéens. Ce point-là était important. Si je lui avais dit que je ne buvais pas de vin, je ne sais pas si je serais là à vous en parler aujourd’hui. »

« Le vin est un voyage sans fin, d’abord parce qu’il a une infinité de vignobles, et une infinité d’années. Il est différent chaque fois. On se pose des questions sur quelle est la meilleure année, mais cela dépend de quel vignoble, de l’ensoleillement, de tout cela. Nous n’épuiserons jamais ce sujet.»

« Il y a dans le vin tout un tas de degrés d’appréciations, et même de symbolisme. Il y a la fête, la joie, le plaisir d’être entre soi. Mais le vin peut avoir une apparence tout à fait tragique, dans la mesure où le vin rouge ressemble à du sang. Notre plus grand agent de publicité, qui s’appelait Jésus-Christ, a dit : "Ceci est mon sang", en parlant du vin. C’est une phrase extraordinaire si l’on y songe avec nos yeux d’aujourd’hui. Il y a donc différents niveaux d’appréciation selon notre atmosphère du jour, la qualité du vin, les convives qui sont avec nous. On peut très bien passer d’une approche presque mystique du vin à quelque chose qui est tout simplement quotidien, chaleureux, joyeux et conduisant parfois à l’ivresse. C’est cela qui est merveilleux dans ce produit, c’est qu’il contient tous les niveaux possibles d’émotions humaines. »

 

Laurence Zigliara / Docteur en sciences de l’éducation / 16 octobre 2015 / Reims

« Le vin peut être inclus dans un univers culturel. On va essayer de le boire dans un cadre ritualisé par une culture qui met justement en place des savoir-boire pour s’éloigner le plus possible d’une consommation déraisonnée qui conduit à l’ivresse. »

« Hugh Johnson a justement écrit, dans son Histoire mondiale des vins, que si la population juive aux États-Unis était une des populations les plus consommatrices d’alcool, c’était celle qui comptait le moins d’alcooliques dans ses rangs. Il fait donc le lien avec ce qui a été dit ce matin par le grand rabbin de France, c’est-à-dire que les enfants juifs sont confrontés, depuis tout petit, à une approche du vin extrêmement modérée. Concrètement, cette modération, quand elle est dans la vie quotidienne de tous les jours, permet de mettre en place des garde-fous. »

« Autre point, l’éducation familiale intervient précocement, ensuite, c’est l’environnement qui prend le dessus. Au départ, ce sont des facteurs génétiques, familiaux, sociaux, ensuite, c’est beaucoup l’effet de son environnement, notamment la pression par les pairs, qui fait que l’on peut initier des consommations, et maintenir des consommations. C’est donc quelque chose d’assez complexe, et il faut agir à la fois sur l’individu, sa cellule familiale, les adultes, et son interaction avec son milieu. »

« Je ne prône évidemment pas l’alcoolisation massive des enfants. Je n’ai pas de solution miracle, et personne n’en a, mais à partir du moment où l’on dit que l’alcool, le vin, ce n’est pas bien, et que l’on est uniquement dans une logique de prévention consistant à répéter qu’il ne faut pas trop boire d’alcool, il est difficile de mettre en place une éducation autour de ce sujet. »

 

Jean-Louis Debré / Ancien président du Conseil Constitutionnel / 16 octobre 2015 / Reims

« Je ne sais pas si je fais de la diplomatie, je ne sais pas très bien ce que c’est. Je ne suis pas un diplomate, mais j’aime mon pays, et le vin fait partie de la tradition républicaine. »

« Qu’est-ce que la diplomatie ? Je ne sais pas ce que c’est, si ce n’est l’art du contact. C’est l’art du contact pour défendre les intérêts de son pays. On constate que la conférence internationale vient couronner des contacts qui ont eu lieu tout autour de repas bilatéraux entre les chefs d’État ou de gouvernement, et on se réunit autour de la table une fois qu’on a trouvé un accord. »

 

Jean-François Bazin / Historien / 16 octobre 2015 / Reims

« La monarchie, bien évidemment, se préoccupait du vin, à différents degrés. La monarchie, mais pas seulement, les Ducs de bourgogne, les principaux féodaux, chacun dans son territoire, surtout s’il y avait de la vigne, s’en préoccupait. D’abord, parce qu’elle avait son propre vignoble, et ensuite parce que cela représentait des règlements, des taxes à percevoir, toute une règlementation et une législation au plan national. »

« Dans les rapports de la diplomatie, qui sont aussi des rapports humains, il faut savoir saisir la psychologie de l’autre. Dans la diplomatie, il y a toujours eu l’accueil, la réception, les rapports entre nations et entre responsables de ces nations. Généralement, le bon vin, sauf dans des pays qui n’en boivent pas ou du moins prétendent ne pas en boire, le bon vin a toujours fait partie des usages diplomatiques. »

 

Ravi Viswanathan / Investisseur indien / 16 octobre 2015 / Reims

« Le marché du vin en Inde va se développer de façon différente de celle que nous connaissons en France. Du côté de la production, il n’y aura pas pléthore de petits domaines, c’est pratiquement impossible maintenant. Il y a l’équivalent de la loi Evin en Inde, qui est assez stricte, ce qui fait qu’il est très difficile, pour une marque non établie de s’établir. Il y a des coûts prohibitifs dans la distribution, parce qu’il y a des contraintes qui varient d’État en État. L’Inde n’est pas un pays du point de vue de l’alcool, c’est 25 pays, ce qui rend les choses très difficiles pour les petits domaines. »

« De manière générale, toute tentative de prohibition forte, dans la plupart des pays qui l’ont connue, que ce soit les États-Unis d’avant-guerre ou l’Inde sous Indira Gandhi, ont toutes conduit à l’échec. »

 

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