Entendu à Vino Bravo 3e édition Le vin et la vie - Interviews

Jacky Terrasson / pianiste de jazz / 16 octobre 2015 / Reims

« Je pense qu’il y a de grandes ressemblances entre la musique et le vin. Quand j’achète une bouteille de vin, la première chose que je me demande est de savoir avec qui je vais la boire et à quelle occasion. Il y a vraiment cette notion de partage, de convivialité, d’échange. Le vin, comme la musique, rapproche les personnes, et leur donne envie de communiquer. Je trouve cela très beau. »

« S’il y a un lien entre le vin et la musique, c’est vraiment la notion de partage. Dans le vin et dans la musique, il est important d’avoir des ressources, des connaissances, mais je ne pense pas que ce soit quelque chose de primordial. Ce qui est important est de se régaler, d’apprécier. On peut goûter un très bon vin sans savoir d’où il vient, et apprécier ses qualités aromatiques. C’est la même chose dans la musique. »

Rut Schereiner / Chef d’orchestre / 16 octobre 2015 / Reims

« Tout à l’heure, un intervenant évoquait une très bonne bouteille partagée avec des amis, de cette émotion. De même, on se souvient d’un concert que l’on a fait. On le garde en soi, mais on ne peut pas le saisir, l’avoir. Ce n’est pas un tableau, pas un objet. Le vin est la même chose. Il y a l’objet vin comme il y a l’objet partition, mais ce n’est pas l’art, c’est juste l’objet qui le porte. C’est un objet très court. »

Abdennour Bidar / Philosophe / 16 octobre 2015 / Reims

« Religere. C’est historiquement la fonction de la religion que de relier, dans deux directions, une verticale et une horizontale, de relier les hommes au divin, quelle que soit la forme que les dieux peuvent prendre, ou la figure des dieux, puis de relier les hommes entre eux dans une relation qui soit une relation de fraternité. »

« Dans la consommation de vin, comme dans tout ce qui peut conduire l’homme sur le chemin d’un certain excès, il est beaucoup plus intéressant, non pas de fixer un interdit ou une limite qui soit une limite stricte, mais d’inviter l’individu à un discernement, à une prise de responsabilité, à une connaissance de soi dans laquelle il apprendra à savoir jusqu’où il peut aller ou pas. »

Odon Vallet / Historien des religions / 16 octobre 2015 / Reims

« Il fut un temps, dans l’Antiquité gréco-romaine, où les dieux buvaient des boissons, des liqueurs d’immortalité comme le nectar, et en principe, les mortels n’y avaient pas droit, puisqu’ils n’étaient pas touchés par la grâce de l’immortalité. Au contraire, avec le judaïsme, nous avons vu le christianisme au pays du pain et du vin, donc de la vigne et du blé. Nous avons vu le vin se populariser, remis en cause par l’Islam. En fait, le Coran ne l’interdit pas systématiquement, mais conseille une forte modération, et en cas de doute, s’abstenir. On ne peut donc pas dire qu’il y ait une religion anti-vin totalement, par contre, les conseils de modération sont bienvenus. »

« Le vin est plutôt lié à des activités de groupe, à des collectivités, à des communautés. L’alcoolisme est solitaire, mais le vin est plutôt convivial. Ce peut être tout à fait laïc ou tout à fait religieux. »

Jérôme Lemaire / Réalisateur du film Premiers crus / 16 octobre 2015 / Reims

« Un vigneron a affaire à beaucoup de paramètres qu’il ne maîtrise pas, il doit avoir de l’instinct, prendre des risques, avoir de l’inspiration, être moderne. Il y a de nombreux éléments dans le travail du vigneron qui sont profondément artistiques. »

Jean-François Rabilloud / Journaliste / 16 octobre 2015 / Reims

« Jean-Claude Carrière a très bien expliqué comment cette odeur du vin, de la cave, toute cette symbolique du vin l’a accompagné pendant sa carrière de scénariste, écrivain, metteur en scène, acteur. Il est resté un homme profondément attaché au terroir, il nous a régalés avec des anecdotes liées aux grands cinéastes, ou aux moins grands, mais qui tous avaient de près ou de loin un rapport au vin. »

Jérôme Cordelier / Journaliste au Point / 16 octobre 2015 / Reims

« Souvent, les religions, notamment sur le vin, sont présentées comme un instrument de soumission et d’interdit. Là, ce qui était intéressant, comme l’a dit le rabbin Haïm Korsia, c’est le vin comme un instrument d’élévation spirituelle. C’était intéressant, parce que nous n’avons pas coutume de l’entendre. Il dit que ce qui est intéressant dans le vin, c’est qu’il est un outil de transformation, de travail manuel, donc un ouvrage de la main de l’homme. »

« Le vin est assez peu traité au cinéma, d’ailleurs, Jean-Claude Carrière l’a dit au cours de la table ronde. Quand on voit toutes les histoires humaines, toute l’histoire patrimoniale riche qu’il y a sur le vin, c’est étonnant que le cinéma ne se soit pas plus emparé de cela, sauf à témoigner d’ivresses légendaires. Je pense par exemple à Un Singe en hiver ou Que la fête commence. »

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