Miss GlouGlou
Je m’appelle Ophélie Neiman, je suis une joyeuse amoureuse du vin, ni œnologue, ni...

« Nous avons une surface plantée de 15500 ha pour 1,15 million d’hectolitres produits. Sur le plan des ventes, nous avions progressé en 2009 car nous avions été moins impactés par la baisse de l’export que d’autres vignobles (-7%)» rappelle Jean-Louis Vézien. « Qui plus est, cette baisse avait été largement compensée par une hausse sur le marché français. En 2010, on constate une reprise à l’export de (+ 2.5%) mais une légère baisse (-2.8%) en France - qui représente75% de notre marché. Au consolidé, il y a donc une baisse de -1.5%. Mais le niveau des ventes est en phase avec le niveau de production… » Car 2010 est une récolte historiquement basse : 912 000 hectolitres de vin d’Alsace soit 200 000 de moins que la moyenne. En cause ? Une gelée d’hiver, le 20 décembre 2009, qui a touché 1 000 des 15500 hectares du vignoble et entraîné l’arrachage, parfois à 100%, de certaines parcelles, notamment sur le secteur précoce de Colmar. Ensuite, un coup de froid en juin, pendant la floraison, a provoqué de la coulure. Bref, une quantité amoindrie mais une qualité sauvée par un bel automne : « malgré une baisse de 20% en volume, 2010 révèle des vins bien typés, aromatiques, frais et vifs. Le niveau de stock (1.6 millions) devrait pourtant être suffisant pour approvisionner des marchés toujours difficiles à reconquérir ensuite ». Et pour soutenir l’effort, les Vins d’Alsace restent très actifs : 1er annonceur du secteur en France dans la presse magazine, le CIVA investit aussi dans l’achat d’espace internet (bannières et habillages) dont il est un des pionniers. « Nous faisons des campagnes générales sur les Vins d’Alsace, qui mettent en avant les signes distinctifs que sont la cigogne, les toits et la forme des bouteilles : on joue sur le visuel exclusivement, pour aller à l’essentiel. Pour parler des cépages et des appellations en détail, nous misons sur les dégustations, avec notamment des accords mets et vins… » en mettant l’accent sur l’AOC Crémant d’Alsace, une appellation en constant développement.
Dès à présent, la reprise à l’export- amorcée en 2010- semble se confirmer : «en janvier et février 2011, on enregistre déjà une évolution de respectivement +0.9% et +13%. Pour Jean-Louis Vézien, « l’année démarre sur de bonnes perspectives ». D’autant que les marchés étrangers se portent bien : en Russie et en Chine, les ventes ont été multipliées par 4, et par 3 en Pologne, rien que sur ces deux mois. Or ces bons résultats sont aussi le fruit d’une stratégie payante pour le CIVA. L’Union Européenne doublant la mise initiale, le CIVA a choisi, lui, (et ce depuis 2009) de doubler ses actions dans les pays tiers « Nous savons qu’il y a une nécessité de diversifier nos marchés, pour ne pas être dépendants. On essaye donc de prendre pied ou de renforcer nos positions sur les marchés des pays tiers. Pour cela, nous ajoutons à nos actions de sensibilisation traditionnelles (comme la promotion sur les lieux de vente, les voyages de presse, ou les dégustations), de l’achat d’espace publicitaire, plus coûteux. Cela nous permet, aux Etats-Unis par exemple, de mener des actions de sensibilisation dans les revues spécialisées ». Autre atout indispensable de ces actions : leur caractère coordonné : « dans cette stratégie, l’interprofession peut être comparée à l’« artillerie » qui entraîne les entreprises, qui peuvent être assimilées à la « cavalerie », il est donc nécessaire qu’elles nous suivent ! » Mais ces décisions ne sont pas prises à la légère : « nos actions sont arbitrées par des commissions, en fonction de leur faisabilité. C’est pourquoi notre bureau stratégique est constitué d’une équipe rassemblée et diversifiée (1 vigneron-indépendant, 1 négociant, 1 coopérative, 1 AVA, directeur marketing et directeur CIVA), qui connaissent bien le terrain. Et cette solidarité est importante : tous nos professionnels s’attachent à la mise en place de moyens en commun… »
Et du côté du marché français, encore très largement majoritaire en Alsace ? Jean-Louis Vézien constate : « il est très régionalisé, concentré dans le Grand Est, la région parisienne et le Nord Pas de Calais. Au sud de la Loire, nos vins sont concurrencés par ceux des autres régions… et victimes de la méconnaissance de la complexité de nos terroirs et de nos cépages…il faut leur donner des clés ! » Pour cela, l’Alsace développe fortement sa stratégie « tourisme ». « Nous faisons de l’oenotourisme depuis toujours ! Nous avons ainsi lancé une stratégie de communication sur la Route des vins d’Alsace, qui est la plus célèbre du monde et attire 4 à 5 millions de visiteurs par an. Cette route compte même pour moitié de ce choix de destination ! ». Et le calcul est payant : « la vente directe intéresse nos 1000 metteurs en marché. Cette vente directe du producteur à l’acheteur permet d’éviter toute dépendance vis-à-vis de la grande distribution...! » Car si elle représente 16 à 17 % des ventes totales en France, c’est en revanche 80 à 90% du volume des ventes des petites structures, ce qui leur assure une rentabilité économique… Pour toutes ces raisons, l’oenotourisme permet le fameux « cercle vertueux », qui favorise à la fois les produits et la diversité des caves ! Et les vins d’Alsace sont une entreprise collective. Jean-Louis Vézien : « la Route des vins d’Alsace n’est pas un concept produit de toute pièce, mais bien une destination et chacun apporte sa pierre : associations, syndicats, acteurs de l’hôtellerie restauration comme des sites remarquables, ou les sentiers viticoles de randonnées pédestres et cyclables. Il y a mille façons de pénétrer sur la Route des vins d’Alsace et d’attirer tous les visiteurs et toutes les cibles. Des démarches sont en cours pour obtenir le label « Vignobles et découvertes » auprès d’Atout France, avec l’appui des différents acteurs et du Comité Régional du Tourisme.»