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Une consommation modérée de vin peut protéger le foie dans l’évolution de certaines maladies hépatiques  

Cette étude vise à déterminer si la quantité, le mode de consommation ou le type de boisson alcoolisée aurait un impact sur la fibrose du foie chez les patients atteints de stéatose hépatique non alcoolique (SHNA). Les résultats ont montré qu'une consommation modérée de boissons alcoolisées, en particulier de vin dans un modèle excluant le « binge-drinking », est associée à une diminution du risque de lésion hépatique avancée chez les patients atteints de SHNA. 
 
La SHNA est la maladie du foie la plus répandue dans les pays développés, avec une prévalence supérieure à 20% dans la population adulte. Elle se produit lorsqu’un excès de graisse est emmagasiné dans le foie (stéatose) pour des raisons autres que la consommation excessive de boissons alcoolisées. Elle se caractérise par une inflammation du foie, pouvant conduire à des lésions cicatricielles et irréversibles. Ces dommages sont similaires aux dommages causés par une forte consommation d’alcool. Dans les cas les plus graves, la stéatose hépatique non alcoolique peut évoluer en cirrhose et en insuffisance hépatique. Elle survient davantage chez les personnes plus sensibles au risque de maladies cardiovasculaires dues à l'obésité ou au diabète de type 2, et est étroitement liée au syndrome métabolique. 
 
Il est généralement admis qu'une consommation d’alcool moyenne inférieure à 30 g/jour pour les hommes et inférieure à 20g/jour pour les femmes ne provoque pas de stéatose hépatique liée à l'alcool. 
 
Étant donné que la consommation modérée de boissons alcoolisées aurait des effets bénéfiques sur les maladies cardiovasculaires, il a été suggéré qu’elle pourrait également être bénéfique dans le cas de la SHNA. Toutefois, les données publiées jusqu’à présent étaient non concluantes. 
 
Dans cette étude, la durée de vie et la consommation courante de boissons alcoolisées chez 187 patients atteints de SHNA ayant subi une biopsie du foie ont été analysées. Les résultats ont montré que les buveurs modérés (1-70 g d'alcool par semaine), en particulier les buveurs de vin, présentaient des lésions hépatiques moins graves que les abstinents ainsi qu’un risque moins élevé de lésions hépatiques avancées. La consommation excessive d’alcool ou le « binge-drinking » n’ont au contraire pas eu d’effet protecteur sur le développement de lésions hépatiques avancées chez ces patients.  

Les auteurs ont conclu que des études prospectives sont nécessaires avant de pouvoir formuler des recommandations cliniques. 
 
Mitchell T et al, Type and pattern of alcohol consumption is associated with liver fibrosis in patients with Non-Alcoholic Fatty Liver Disease, Am J Gastroenterology 2018, doi: 10.1038/s41395-018-0237-y. 
 
Armstrong M et al, Alcohol consumption in patients with Non-Alcoholic Fatty Liver Disease: Convenient vs. inconvenient truths, Am J Gastroenterology 2018. 

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