Etude "vin et santé"

Analyse bibliographique « CONSOMMATION MODÉRÉE DE VIN ET SANTÉ »

Contexte et méthodologie employée

 

Depuis 2007, Vin & Société réalise chaque année avec l’appui du cabinet Alcimed une analyse bibliographique incrémentale qui étudie l’effet d’une consommation modérée de vin sur la santé. Cette analyse rassemble des études scientifiques publiées sur PubMed, dont aucune n’a été financée par la filière viticole .

 

La vocation de cette analyse est d’identifier les publications clefs sur le sujet ainsi que les consensus et controverses existants sur un potentiel effet bénéfique, neutre ou néfaste sur la santé humaine.  L’analyse porte sur 6 grandes pathologies en particulier :

  • Maladies cardiovasculaires
  • Cancers
  • Maladies osseuses
  • Maladies neuro-dégénératives
  • Santé prénatale
  • Mortalité totale

 

Avec 34 études supplémentaires en 2015, cette analyse incrémentale intègre aujourd’hui plus de 550 publications scientifiques recensées sur PubMed entre 2007 et 2015. Chaque étude est retenue selon des critères d’inclusion spécifiques:

  • Etude portant sur la consommation chez l’Homme (hors in vitro et modèle animal)
  • Etude portant sur le vin (et non l’alcool au global)
  • Résultats d’étude portant sur la consommation modérée, telle que définie par l’étude en question (exclusion de consommations fortes ou abusives)
  • Etude ne portant que sur une ou plusieurs des 6 grandes pathologies retenues
  • Population d’étude ne présentant pas de pathologie déjà déclarée

 

Face au manque de standardisation de l’ensemble des publications retenues (différences de méthodologies, de taille d’échantillon, de type d’études…), une classification en 4 niveaux de preuves a été effectuée afin de  faciliter la lecture des résultats:

  • Consensus : Lorsque 8 études ou plus montrent une tendance claire (ou 4 études ou plus sur une population totalisant plus de 100 000 sujets).
  • Piste sérieuse : Lorsque 4 à 7 études ou plus montrent une tendance claire (ou 2 études ou plus sur une population totalisant plus de 10 000 sujets).
  • Piste émergente : Lorsque 2 à 4 études montrent une tendance claire 
  • Controverse : Lorsque plusieurs études montrent des tendances contradictoires

 

Les résultats de la consommation modérée de vin sur les 6 grandes pathologies retenues

 

Maladies cardiovasculaires

Il y a aujourd’hui un consensus indiquant que la consommation modérée de vin aurait un effet bénéfique dans la prévention des maladies cardio-vasculaires, du diabète de type 2 et du syndrome métabolique.

Cependant des pistes émergentes semblent indiquer que cette consommation modérée de vin aurait un effet relativement neutre sur l’obésité, voire néfaste pour les problématiques d’adiposité abdominale.

 

Cancers

Un consensus existe sur les bénéfices d’une consommation modérée de vin sur la survenue du cancer colorectal et du cancer de l’oesophage. En outre, elle n’aurait pas d’effet particulier sur le développement de cancers de l’ovaire, de l’utérus et de l’endomètre ainsi que sur le cancer du pancréas.

Des pistes sérieuses font émerger un effet bénéfique dans la prévention du cancer du rein et un effet relativement neutre sur celle des cancers de la prostate, des lymphomes et de l’estomac.

Quelques études orientent vers une piste émergente d’un bénéfice santé  dans la prévention des cancers de la vessie et d’un impact neutre sur les cancers du foie et du cerveau.

Enfin, des controverses existent sur les cancers de la peau, des voies aéro-digestives supérieures excepté l’œsophage (l’effet serait bénéfique, neutre ou néfaste), de la thyroïde, du poumon ou la vessie  (pour lesquels l’effet est soit bénéfique soit neutre), mais aussi sur le cancer du sein (l’effet serait néfaste ou neutre pour les cancers hormono-dépendant, alors que d’autres publications indiquent un effet néfaste voire bénéfique pour les cancers du sein non-hormono-dépendants).

Alcimed et Vin & Société suivront avec attention les publications scientifiques à venir traitant de ces pathologies.

 

Maladies neuro-dégénératives

Il existe un consensus indiquant que la consommation modérée de vin aurait un effet bénéfique dans la prévention des maladies neuro-dégénératives. Un niveau de piste sérieuse indique également un effet bénéfique en ce qui concerne l’amélioration des fonctions cognitives.

 

Maladies osseuses

Plusieurs études permettent d’atteindre une piste sérieuse quant à l’effet bénéfique d’une consommation modérée de vin sur la densité osseuse et l’ostéoporose.

De plus, quelques études permettent d’amorcer une piste émergente indiquant qu’elle n’aurait pas d’effet particulier sur la polyarthrite rhumatoïde.

 

Mortalité totale

Un niveau de piste sérieux indique que la consommation modérée de vin aurait des effets bénéfiques sur la mortalité totale.

 

Santé prénatale

Aucune donnée scientifique ne permet aujourd’hui de définir un seuil en dessous duquel la consommation d’alcool ou de vin chez la femme enceinte ne serait pas néfaste pour le nourrisson.

Par principe de précaution, il est donc recommandé aux femmes enceintes de s’abstenir de toute consommation d’alcool, y compris le vin.

 

Ces résultats ne concernent que la consommation modérée de vin, et sont dans l’ensemble plus positifs que pour la consommation modérée d’alcool.

De nombreux travaux scientifiques continuent aujourd'hui de chercher à identifier les molécules impliquées dans le vin jouant un rôle protecteur ainsi que les mécanismes d’actions sous-jacents.