Présentation de l'étude

« Société, Pouvoirs Publics et Vin » est une étude conduite par Gérard Mermet – Cabinet Francoscopie et Harris Interactive pour Vin & Société. Elle décrypte le malaise républicain existant, mais nous éclaire aussi sur la place du vin dans notre société ! Entre inquiétude et espoir, cette étude nous enseigne notamment à quel point notre société est en en profonde mutation. Quels enseignements pour la filière viticole ? 3 questionnements fondent cette étude : 

Que pensent les Français des valeurs républicaines ? Quels sont les risques identifiés pour notre société ? A qui font-ils confiance : à l’Etat, au citoyen ? Que pensent-ils du principe de précaution ? Des politiques de Santé Publique ?

Quelle est aujourd’hui la place de la filière viticole dans notre pays ? Est-ce que les Français font confiance aux professionnels ?

Et le vin, entre sécurité et liberté, quelle est sa place au sein de notre société ? Comment les Français le consomment-ils ? Qu’est-ce qu’il représente à leurs yeux ? Savent-ils évaluer leur consommation ? Peut-il être un facteur du vivre ensemble ?

A un moment où notre société est interrogée sur les valeurs qu’elle propose, Vin & Société a souhaité cette enquête pour mieux cerner l’environnement politique et sociétal dans lequel la filière viticole évolue.

Elle aborde donc 3 grands sujets :

  • Le regard des Français sur les valeurs républicaines
  • L'image du vin : entre sécurité et responsabilité, quelle place pour le vin
  • Citoyens, institutions, professionnels : quelques enseignements!

3 questions à Audrey Bourolleau, déléguée générale de Vin & Société

Vin & Société a confié à Gérard Mermet, sociologue, directeur du cabinet  Francoscopie et  Harris Interactive une étude intitulée « Société, Pouvoirs Publics et Vin ». Quel est le but de cette étude ? Pourquoi  maintenant ?

Audrey BourolleauFin 2014, Vin & Société a entamé une réflexion plus approfondie sur la place que le vin occupe dans la société française. Nous cherchons à comprendre dans quel environnement nous évoluons parce qu’il nous semble chargé de paradoxes, pour ne pas dire de schizophrénie. Un amendement à la loi sur l’agriculture a été porté par le Sénat en février 2014, faisant du vin «une partie intégrante du patrimoine culturel et  gastronomique français ». Les 500 000 hommes et femmes qui élèvent le vin le savent, de génération en génération, ils contribuent  à exprimer un patrimoine vivant mais fragile. Il est gastronomique, littéraire, paysager, architectural mais aussi économique et social. Il contribue à la renommée de notre pays aux yeux du monde mais cet héritage est sans cesse interrogé ou remis en cause. Cette année, monsieur Laurent Fabius a clairement affiché sa volonté de le promouvoir, notamment à travers l’oenotourisme, parce qu’il constitue une richesse touristique et économique pour nos territoires, le vin étant présent dans 17 régions sur 22. 

Pourtant, dans le même temps, le vin est présenté comme une simple molécule d’alcool préjudiciable à la santé, vecteur de tous les maux économiques et sociaux, par une partie des Pouvoirs Publics, en l’occurrence par le Ministère de la Santé, la Direction Générale de la Santé ou l’ANPAA (Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie). Pourrions-nous, dans ce pays, introduire de la mesure, créer un dialogue véritable et définir tous ensemble une stratégie collective et cohérente fondée sur l’éducation, la responsabilité et le plaisir ? Ne nous tirons pas une balle dans le pied ! Nous l’appelons de nos voeux. Ce serait une richesse et une chance pour notre pays ! L’Espagne et l’Italie, nos principaux concurrents, ont déjà choisi cette voie…

Quels sont les principaux enseignements de l’étude ?

Avec cette étude, conduite par Gérard Mermet dont la compétence en matière d’analyse des modes de vies est reconnue, nous avons voulu interroger les Français sur différents aspects qui nous semblent essentiels. Son ouvrage « Reinventer la France, manifeste pour une démocratie positive » paru en 2013 nous avait déjà interpellés. La filière viticole est un acteur économique majeur de notre pays, il est inconcevable qu’elle reste totalement à l’extérieur des enjeux de société qui nous concernent tous ! Quelle est la place que le vin occupe dans notre vie, dans notre culture ? Comment les Français gèrent-ils l’équilibre entre plaisir, santé et sécurité ? Savent-ils évaluer leur consommation ? Comment reçoivent-ils les politiques de santé publique ? Quel crédit accordent-ils à leurs gouvernants, à leurs concitoyens, à eux-mêmes ? Quelles sont leurs relations avec les valeurs républicaines ? Est-ce que le vin constitue un lien tout autant réel que symbolique permettant de bien vivre ensemble dans le respect de chacun ? 

L’étude nous enseigne notamment que notre société est tiraillée entre liberté, principe de précaution et injonctions sécuritaires. Les Français acceptent les règles sous réserve qu’elles soient connues, qu’ils les comprennent et qu’ils puissent les mettre en pratique. Ils font également confiance aux professionnels de la filière viticole. Garants de la qualité de leur produit, ils les jugent compétents et responsables. Pour notre part, nous pensons également qu’il nous incombe d’expliquer comment consommer notre produit, notamment en promouvant les repères de consommation. Rappelons que 9 Français sur 10 ne les connaissent pas* ! Une chose est sûre, notre société a beaucoup changé ces dernières années. Elle est devenue plus horizontale et moins verticale avec une demande accrue de responsabilisation, de confiance, de transparence et d’information. La filière viticole a bien intégré ces changements et plaide pour une approche fondée sur l’équilibre, le dialogue, la raison et la fierté d’un héritage bimillénaire. Le vin est au coeur de notre histoire, cet héritage nous donne à tous des droits et des devoirs.

Et demain ?

En ces temps où le vivre ensemble est questionné, où les valeurs républicaines sont remises en question, il nous semble qu’il est utile de se rappeler qui nous sommes et d’où nous venons. Nous pensons que chaque filière, chaque acteur économique, chaque citoyen peut jouer un rôle positif. Le vin, lorsqu’il est apprécié et consommé de façon responsable, rapproche et crée du lien entre les hommes. 76% des Français interrogés lors du baromètre IFOP Vin & Société 2014 déclaraient déjà qu’il était synonyme de bien vivre ensemble. Et 69% pensent qu’il rend le quotidien plus festif. Ça ne fait pas tout, mais ce n’est pas neutre non plus ! Nous souhaitons nous engager plus encore en faveur de la consommation responsable, notamment en développant l’éducation et la diffusion des repères de consommation. Nous réclamons une concertation sereine pour valoriser le vin qui est à la fois une identité et une richesse économique pour notre pays. Nous pensons qu’il faut dialoguer avec les citoyens et leur donner les cadres qu’ils attendent : la transmission et l’éducation sont les voies du succès. L’interdit et les confrontations dogmatiques nous mèneront à l’échec, qu’il s’agisse de santé publique, d’économie ou de vivre ensemble.

Vin & Société, au nom des 500 000 acteurs de la vigne et du vin, va s’attacher à faire valoir ce point de vue alors qu’une nouvelle fois, nous serons dans l’oeil du cyclone, dans le cadre des débats prévus à l’Assemblée Nationale au printemps avec la future Loi de Santé Publique.

Les principaux résultats en infographie

Infographie étude Mermet

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