Oenotourisme, les défis d’un secteur en plein essor

En France, les enjeux liés à l’économie du tourisme viti-vinicole sont importants tant pour l’accroissement de la fréquentation des régions viticoles que pour stimuler le vente des vins. Avec 10 000 caves visitées chaque année et 83,7 millions de touristes étrangers*, l’oenotourisme possède un potentiel de croissance énorme. Pour appuyer son développement, l’Etat s’est depuis les assises du tourisme de juin 2014 fortement engagé dans sa promotion. Reste aux professionnels du secteur à relever deux défis majeurs : mieux structurer leur offre et passer au numérique.

Une meilleure promotion de l'Etat 

En matière d’oenotourisme, les initiatives sont longtemps restées éparses et individuelles. Mais la filière et les pouvoirs publics semblent avoir pris la mesure de l’énorme potentiel de développement du secteur : aujourd’hui en France, ce marché représente 10 millions de touristes dont 40% sont étrangers**. Pour améliorer sa promotion, l’Etat  a mis en place un pôle d’excellence touristique dédié au tourisme œnologique. Son objectif est  « de fédérer les différents acteurs du monde viti-vinicole et du tourisme, afin de valoriser l’excellence française dans ce domaine et de la rendre lisible et accessible pour les clientèles touristiques notamment étrangères »***. Le Ministre des Affaires Etrangères, Laurent Fabius, appuie les initiatives dans ce domaine : « il faut mettre en place des offres touristiques qui montrent que le vin, ce n'est pas simplement un produit à consommer, mais qu'il recèle une histoire, une culture, des traditions, une passion: les touristes apprécient ce type d'offre ****». En mars 2015, il a ainsi lancé avec Alain Ducasse l’opération « Goût de France – Good France ». Une opération qui met à l’honneur, sur les 5 continents, le repas gastronomique à la française, dont le vin fait pleinement partie. Et d’ici 2020,il a fixé comme objectif 100 millions de touristes étrangers par an en France.

Des projets emblématiques du soutien de l’Etat

  • La Cité des civilisations et du vin à Bordeaux ouvrira début 2016. Elle vise à devenir un lieu d'excellence emblématique et une véritable porte d'entrée vers le vignoble bordelais. 63 M€ sont investis en cofinancement par la Ville de Bordeaux, l’Europe (FEDER), la Communauté Urbaine de Bordeaux, le CIVB, le Conseil régional, l’Etat, la CCIB, ainsi que des mécènes privés.
  • La Cité des vins de Bourgogne à Beaune devrait ouvrir ses portes en 2017. 15 M€ sont investis en cofinancement Région, Département et Communauté d’agglomération.
  • La cité de la gastronomie à Dijon ouvrira en 2016. Elle sera largement tournée vers l’histoire et la culture du vin et représentera 55 M€ d’investissement.
  • Les « Coteaux, maisons et caves de Champagne » ainsi que les « Climats du vignoble de Bourgogne » ont été inscrits à la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco par le Comité du patrimoine mondial, réuni depuis le 28 juin pour sa 39e session.

La diversification de l'offre et la professionnalisation du secteur 

Malgré la richesse œnotouristique de la France, beaucoup d’acteurs proposent une offre encore peu lisible sur le marché national et international. Les propriétés vinicoles restent de petite taille, jalouses de leur indépendance. Et les séjours œnotouristiques les plus vendus en France sont encore l’apanage de grands tours opérateurs étrangers. Conscients de ces lacunes, de nombreux professionnels français se sont engagés dans des actions de structuration. Centré initialement sur la rencontre d’exploitants viticoles (caves, châteaux, domaines…), l’œnotourisme a étendu son champ d’activités depuis une dizaine d’années à des offres plus globales, mêlant découverte du vin et du territoire. En plus de la visite traditionnelle de la propriété, elles proposent des produits et services touristiques comme l’hôtellerie ou la restauration haut de gamme, des partenariats avec des musées ou des artistes, des offres de soins basées sur la vinothérapie ou encore des activités ludiques et sportives pour les familles qui représentent 26% des oenotouristes, selon le Réseau national des destinations départementales (vélo, canoë, création d’un parc à thème autour du vin en Saône-et-Loire…). Une diversification de l’offre qui pose par ailleurs la question de la formation des producteurs qui doivent accueillir les touristes, leur expliquer en quoi consiste leur métier, faire des démonstrations, tout en continuant leur activité… Un défi de plus à relever pour la filière viti-vinicole. 

Le passage au numérique 

Aujourd’hui, l’oenotourisme trouve dans les applications numériques et les réseaux sociaux un champ de développement et de mise en œuvre particulièrement prometteur. QR Code, smartphones ou géolocalisation offrent une présentation souvent ludique (ou vécue comme telle) des propriétés vinicoles qui séduit un public de plus en plus nombreux. Sur les réseaux sociaux, professionnels et amateurs échangent de plus en plus fréquemment autour du vin ; et la thématique oenotourisme est souvent abordée (voir article Vin & Société sur le sujet). Mais parallèlement, les propriétés vinicoles n’ont pas toutes les moyens, ni la culture numérique, permettant d’animer correctement les réseaux sociaux ou d’intégrer les bonnes pratiques pour le e-commerce. En proposant une offre touristique traditionnelle, mono-centrée sur l’entreprise (histoire du vignoble, visite du chai, dégustation), les entreprises vinicoles risquent de passer à côté d’une e-clientèle à l’affût d’activités plus attractives, couplant par exemple découverte du terroir et sport ou culture. Un autre enjeu est, surtout pour des petites exploitations aux moyens limités, que leur offre œnotouristique prenne sa place dans la « mise en e-tourisme » des territoires.  Il leur faudrait pour cela disposer d’un site Internet se situant au minimum à l’échelle du département ou de la région, incluant des versions en langues étrangères et intégrant la possibilité de réservation en ligne lorsque nécessaire. Le risque est, sinon, que les  petits viticulteurs se trouvent exclus du marché de l’Internet qui est l’un des moyens privilégiés pour le choix de destinations touristiques. (Plus de données sur le vin et la consultation digitale : http://sowine.com/barometre/ )

 

* Source : Atout France

**Source : Tourisme et vin - Les clientèles françaises et internationales, les concurrents de la France, Atout France, octobre 2010)

*** Source: http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/tourisme/l-action-du-maedi-en-matiere-de-promotion-du-tourisme/cinq-poles-d-excellence-pour/article/pole-oenotourisme

**** Source : http://www.lexpress.fr/actualites/1/societe/l-oenotourisme-s-ouvre-au-grand-public-a-travers-de-nouvelles-pratiques_1641904.html

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L’oenotourisme 1/2 : l’oenotouriste, un touriste pas comme les autres

Un important volume de production, une réputation inégalée de ses domaines et grands crus, 10 000 caves touristiques, une myriade de paysages, de terroirs et de savoir-faire aussi riches que complémentaires… Décidemment, en matière de vin, la France reste le pays des superlatifs. Pas étonnant, donc, que son œnotourisme soit le plus attractif du monde, ce que confirme une fréquentation évaluée, en 2010, à 10 millions de visiteurs. Pour eux, les acteurs de la filière ont déployé une offre riche et diversifiée. Pourtant, le potentiel économique de cette activité reste encore insuffisamment exploité, en France comme à l’international. Atout France, qui fédère l’ensemble des acteurs concernés et organise la promotion sur les marchés internationaux, vient de publier « Tourisme et Vin : réussir sa mise en marché ». Profils des clients, types d’acteurs et de prestations, outils de commercialisation, facteurs de succès : Vin & Société l’a lu et vous en livre quelques clés.  

Les œnotouristes : un profil type ?

Un premier constat, et pas des moindres : qu’il soit français (à 61%) ou étranger, l’œnotouriste est un touriste pas comme les autres ! S'il est, de l’aveu même des professionnels du secteur, difficile d’en établir un profil unique – c’est une population qui présente de fortes disparités – il est néanmoins possible d’en dresser un premier portrait-robot : cet homme (à 59%) appartient à une catégorie socioprofessionnelle élevée. S’il est souvent quadragénaire (46 ans en moyenne, ce chiffre étant stable depuis 2001), on voit désormais apparaître une clientèle plus jeune (20-25 ans), orientée vers l’apprentissage du monde du vin et désireuse d’apprendre la dégustation. Il aime pouvoir acheter du vin là où il est hébergé et c’est, à 75%, un consommateur occasionnel ou régulier de vin puisqu’il en déguste au moins une fois par semaine.  Enfin, s'il aime particulièrement faire de ses activités œnotouristiques des moments de convivialité, en famille à 26 %, entre amis à 22% ou en groupe (clubs œno, retraités), c’est, dans près de la moitié des cas, une occasion qu’il aime partager en couple ! 

Ses attentes ? En homme cultivé, il apprécie les paysages, l’architecture et la culture et recherche donc un séjour proche de la nature, riche en émotions, authentique, dédié à la découverte des terroirs et des vignerons, avec lesquels ils souhaitent nouer un véritable contact. Bien sûr, ses attentes varient en fonction de la région choisie et il est ouvert à découvrir la diversité régionale du vin (grands crus en bordelais, climats de bourgogne…) mais il vient toujours pour découvrir, comprendre et être initié - à ce titre, utiliser un langage compréhensible et pédagogique est impératif. Il apprécie surtout les produits mixtes (de type : « vignobles et bien être »), dans lesquels le vin n’est qu’une constituante : il favorisera ainsi une offre alliant vin et gastronomie, Même s’il apprécie d’être accompagné à certaines étapes de sa découverte, il aime rester libre de son circuit ce qui explique la baisse des visites guidées dans leur ensemble sauf pour les Chinois et les Allemands. Enfin, et c’est important, l’œnotouriste se montre doublement exigeant, attendant désormais des prestations de qualité supérieure adaptée aux standards internationaux, en matière de vin comme de tourisme !

4 catégories principales d’œnotouristes :

  • Les épicuriens, qui viennent majoritairement pour déguster, acheter du vin, et visiter des caves 
  • Les classiques, moins adeptes de séjours en régions viticoles, et pour qui le vin participe à la découverte du patrimoine d’une région mais pas exclusivement 
  • Les experts, venus à la découverte de l’histoire, de la culture d’un terroir, et de tout l’univers du vin
  • Les explorateurs, pour qui le vin, la vigne et le vignoble sont les motifs déterminants du séjour : ils en cherchent les secrets et les adresses méconnues. 

Zoom sur la clientèle étrangère 

Autre enseignement : l’oenotouriste n’est pas seulement un Français chauvin ! Les clientèles françaises sont en effet parfois d’autant moins intéressées par le monde du vin qu’elles ont l’impression de bien le connaître.  La clientèle étrangère représente 39% de visiteurs, dont les Belges et les Britanniques constituent en moyenne la moitié. 75% de ces œnotouristes choisissent de rester dans le vignoble en villégiature, s’y déplacent majoritairement en voiture et, à 93%, préparent leur visite sans avoir recours à une agence ou un tour opérateur. Véritables passionnés, ils ont aussi tendance à effectuer des visites fréquentes : sur les cinq dernières années, les clients interviewés ont effectué en moyenne quatre séjours ! A noter : parmi les destinations préférées de la clientèle étrangère, la Bourgogne et l’Aquitaine apparaissent favorites.

 4 nationalités à la loupe :

Les Britanniques viennent pour découvrir, visiter et acheter du vin. Pour eux, le vin est un atout déterminant du séjour. Ils consommeront plus de vin de la région à leur retour. C’est une clientèle très sensible à la qualité d’accueil.

Les Belges, en couple ou en famille, viennent d’abord pour découvrir le patrimoine français et en profitent pour satisfaire leur goût pour le vin. Attirés par l’itinérance - route des vins, circuits, randonnée - ils sont sensibles aux hébergements en hôtels et chambres d’hôtes.

Les Américains constituent une clientèle attirée par la destination France et sensible à la notoriété des régions viticoles, même si la thématique « vin » n’est pas forcément à l’origine du choix de leur séjour. Sur place, la clientèle américaine séjourne en hôtels, visite, déguste mais a moins recours à l’achat de vins. En revanche, elle effectue des dépenses conséquentes en restaurants ou bars à vins et envisage de consommer plus de vins de la région visitée à son retour.

Les habitants des pays émergents constituent, pour le marché du vin français, une nouvelle cible à séduire : ils ont une relation épicurienne au vin « Made in France ». Parmi eux, la clientèle chinoise, formée de cadres de 30-40 ans disposant de bons revenus, résidant dans les grandes villes côtières chinoises et sensibles à l’art de vivre à la française. L’œnotourisme représente d’ailleurs le premier choix de thématique pour un second voyage en France. Sensible aux storytelling, l’œnotouriste chinois associe la France au romantisme du fait de ses paysages et de l’authenticité recherchée 

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L'oenotourisme 2/2 : Qui sont les acteurs de ce secteur d'activité ?

Un important volume de production, une réputation inégalée de ses domaines et grands crus, 10 000 caves touristiques, une myriade de paysages, de terroirs et de savoir-faire aussi riches que complémentaires… Décidemment, en matière de vin, la France reste le pays des superlatifs. Pas étonnant, donc, que son œnotourisme soit le plus attractif du monde, ce que confirme une fréquentation évaluée, en 2010, à 10 millions de visiteurs. Pour eux, les acteurs de la filière ont déployé une offre riche et diversifiée. Pourtant, le potentiel économique de cette activité reste encore insuffisamment exploité, en France comme à l’international. Atout France, qui fédère l’ensemble des acteurs concernés et organise la promotion sur les marchés internationaux, vient de publier « Tourisme et Vin : réussir sa mise en marché ». Profils des clients, types d’acteurs et de prestations, outils de commercialisation, facteurs de succès : Vin & Société l’a lu et vous en livre quelques clés.  

Une offre riche et diversifiée, de qualité, mais qui manque de lisibilité

Si  l’on note, en 2011 et 2012, un certain ralentissement de la progression du chiffre d’affaires du secteur force est de constater qu’en 5 ans, l'offre s'est qualifiée, améliorée et structurée, avec l'émergence de beaucoup d'agences et d'acteurs, ainsi qu’avec l ‘augmentation continue du nombre d’initiatives des producteurs. Rien d’étonnant, l’œnotourisme demeure, pour le vigneron, un moyen privilégié de rencontrer le client en direct, de faire découvrir ses vins et son vignoble et de valoriser le patrimoine et le savoir-faire local...

A ce jour, le secteur est majoritairement constitué de petits acteurs indépendants, à vocation locale ou régionale (sociétés unipersonnelles, associations...). Les chais, caves touristiques, musées du vin, hôtels, restaurants et centres d’interprétation composent l’essentiel de l’offre œnotouristique, qui demeure pourtant très segmentée. On estime à 10 000 le nombre de caves en France et on recense 31 musées et sites thématiques, certains affichant plus de 80 000 à 120 000 visiteurs par an.  La Cité des Civilisations du Vin, (voir notre article ici) qui ouvrira ses portes en 2016 à Bordeaux, table sur 400 000 visiteurs par an. L’offre d’hébergement œnotouristique est gérée principalement par des propriétaires de vignobles. Leurs produits s’organisent autour d’une offre de charme - 4 ou 5 chambres - d’une programmation culturelle mêlant le vin, la gastronomie, et le bien-être. Par ailleurs, on note l’important développement d’une offre d’hôtellerie très haut de gamme à destination des clientèles étrangères, combinant boutiques, restaurants (parfois étoilés) ou bistrots, espaces de bien-être, caves de dégustation et de vente et salles de séminaires.

Toutefois, la filière œnotouristique reste encore un tourisme de niche, et la plupart des acteurs du secteur (quelque que soit leur taille) réalisent un chiffre d’affaires inférieur à 100 000 €. Si les prestations sur-mesure, principalement destinées aux étrangers à forte valeur ajoutée sont des activités en croissance, il semble toutefois nécessaire pour de nombreux acteurs de se diversifier car les offres « 100% vin  » sont plus difficiles à vendre et peu rentables.

L’intermédiation : gagner en efficacité 

En effet, l’offre, très variée et très segmentée, est encore assez peu visible – et lisible - pour les clients potentiels français et étrangers. Les acteurs du secteur sont donc de plus en plus nombreux à demander une centralisation des demandes des clients qui permettrait de mettre sur pied des offres packagées plus faciles à promouvoir. Certes, les principaux intermédiaires – agences de voyages et voyagistes et leurs déclinaisons online, agences évènementielles, acteurs institutionnels, opérateurs de coffrets cadeaux et de pass – représentent déjà un lien efficace entre le producteur et le client final. L’investissement pour le producteur reste de plus limité, car la rémunération ne se fait que sur commission à l’issue de la prestation. Les salons et tournées commerciales constituent une occasion privilégiée de rencontre entre producteurs et intermédiaires.

Les produits les plus intermédiés à ce jour restent les packages ou combinés (circuits à vélo dans les vignes, séjours dégustation et gastronomie). Les agences de voyages ou tour-opérateurs représentent des leviers particulièrement intéressants pour cibler des clientèles étrangères ou à forte valeur ajoutée qui sont à la recherche de séjours clé en main. Disposant, pour certains, d’une force de frappe commerciale importante, ils permettent à des prestataires d’être référencés sur des marchés qui leur sont difficiles à atteindre, notamment les marchés émergents et lointains (cas de la Chine, par exemple).

Atout France, Agence de développement touristique de la France, s’est lancée avec le site internet - rendezvousenfrance.com - proposé en 16 langues, sur 23 sites marchés - le défi de mieux séduire, attirer, conquérir, fidéliser, inspirer et enfin, orienter l’internaute dans ses choix de destination, notamment œnotouristiques ! Mieux qu’un site internet ou une centrale de réservation, l’outil s’intègre aux sites internet des différentes destinations et permet de visualiser, comparer, choisir, organiser et réserver son séjour…

Vendre en direct : l’atout internet

Rapide, facile, de portée mondiale… Internet ne cesse d’étendre son influence : selon une étude Ipsos / Europ Assistance en 2012, 80% des Français partis en vacances en 2012 ont préparé leur séjour sur le web et 44% ont réservé tout ou partie de leur séjour via Internet. Par ailleurs, 57% des Européens réservent leurs vacances sur le web… Un véritable créneau de communication pour l’oenotourisme ! Comparaison des offres, vérification immédiate de visibilité, applis mobiles : les outils développés par les sites en ligne permettent aux futurs clients de « scanner » le marché œnotouristique avec efficacité afin de trouver la meilleure offre à proximité de leur lieu de vacances, et même, pour certains d’entre eux, de devenir les prescripteurs des prestations choisies. Pas de mise en marché réussie, donc, sans les acteurs du secteur, mais à certaines conditions : disposer d’un site internet adapté aux mobiles et tablettes bien référencé et, si possible, d’une application dédiée, remplir la fiche de sa prestation sur Google Adresse, Google + Local et Google Maps, être présent sur les réseaux sociaux comme Facebook et gérer sa réputation en ligne sur les sites d’avis de consommateur (par exemple sur Tripadvisor), qui renforcent encore la visibilité des clients satisfaits…

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Vignobles et Découvertes : un label qualité pour l’œnotourisme

Invitée de Vin & Société dans le cadre de notre journée dédiée à la culture sur le salon de l’agriculture, Pauline Léonard d’Atout France a souhaité faire un point sur l’œnotourisme en France et présenter le label Vignobles et Découvertes. L’occasion de faire le point sur les attentes des œnotouristes… Résumé de son intervention.

Atout France, opérateur unique de l'état

Atout France est l'opérateur unique de l'État en matière de tourisme chargé d'assurer le développement de ce secteur. Parmi ses actions, la promotion de l’œnotourisme français et de son rayonnement international. Rien d’étonnant : si la consommation de vin a tendance à décroître, l’attractivité du vin et des vignobles français, elle, ne se dément pas. Raison de plus pour bichonner les œnotouristes avides de découvertes et de vignobles. Or ceux-ci ont parfois tendance à percevoir l’univers du vin comme difficile d’accès et son offre, pléthorique, mais peu lisible. A raison : la France compte en effet 10 000 caves touristiques engagées dans l’accueil, qui reçoivent environ 12 millions de visites par an. Un potentiel qui méritait d’être exploité. C’est donc pour mieux connaître les œnotouristes - et donc leur proposer une offre complètement adaptée, qu’Atout France a réalisé en 2010 une étude intitulée : Tourisme et vin : les clientèles françaises et internationales, les concurrents de la FranceComment rester compétitif ? Complète et très instructive, elle permet de découvrir la typologie des touristes du vin… Que cherchent-ils ? A 40%, ce sont des épicuriens en quête de sensations et de plaisir. A 20%, des explorateurs (qui veulent découvrir des secrets), à 16 % des experts (déjà connaisseurs) et pour 24% d’entre eux, des classiques (chiffres issus de l’enquête publiée par Atout France cette année, voir notre article complet sur le sujet.) Le profil type est un homme de 46 ans, aux revenus mensuels supérieurs à 3000 euros net et français dans 61% des cas. Ses attentes : plus de liberté et de qualité ! Curieux, il recherche d’abord une ambiance agréable, un moment de bien être, une expérience enrichissante. Engagé ou sensible à la préservation de l’environnement, il intègre, dans ses choix, des préoccupations d’éthique et de développement durable. Face à ces constats et consciente du potentiel de ce marché, Atout France décidé de développer le Label Vignoble et Découvertes. Son objectif : favoriser la mise en place d’une offre d’accueil pertinente, cohérente et surtout de qualité !

Le Label Vignobles et Découvertes

Il vise à développer la mise en réseau et l’émergence et la valorisation de produits qualifiés en cohérence avec les nouvelles attentes et pratiques des clientèles touristiques. Pour construire cette offre cohérente, il s’agit aujourd’hui de fédérer les initiatives et de faire émerger des destinations différenciées, plus facilement lisibles et donc diffusables. La qualité doit aussi être présente dans toutes les composantes et à toutes les étapes. Lancée en 2010, le label Vignobles et Découvertes se veut donc une « marque », attribuée pour 3 ans. Son concept : distinguer les destinations proposant une offre complète, correspondant à une pratique de court séjour, pertinente sur la thématique du vignoble et de qualité. Pour se voir attribuer ce label, les candidats devront donc rassembler de l’hébergement, de la restauration, des activités de découverte des caves, des visites de sites culturels, des découvertes d’espaces naturels, des savoir-faire locaux, des activités de loisirs, des événements et des structures réceptives répondant aux exigences du cahier des charges et engagés dans la démarche. Chaque package complet permet donc d’aider les clients à constituer des séjours de qualité et rassemblant des activités vitivinicole de qualité …et dans un périmètre de 30 km maximum.

Pour tout savoir ou déposer votre candidature : http://atout-france.fr/services/le-label-vignobles-decouvertes

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Conseil Supérieur de l’Oenotourisme : quand le vin dope le tourisme

Visites de caves, routes des vins, randonnées douces ou fêtes thématiques… le tourisme du vin en France fait chaque année davantage d’adeptes. Porté par l’incroyable richesse de nos terroirs, le vin est aujourd’hui un des axes forts du tourisme français. Mais comment mieux valoriser ce patrimoine ? Comment mieux le promouvoir auprès de la filière touristique ?

Créé en mars 2009, le Conseil supérieur de l’œnotourisme (CSO) a pour vocation de développer des synergies entre le tourisme et le monde du vin. Une initiative soutenue par Vin&Société, qui est membre de ce Conseil et veille à y rappeler l’importance d’une attitude responsable des opérateurs de la filière viticole et d’un mode de consommation modérée. Un an et demi après, bilan d’une initiative qui porte déjà ses fruits...

Vers une offre mieux structurée

Aujourd’hui, ce sont 7,5 millions de clients (5 millions de Français et 2,5 millions de visiteurs internationaux) qui choisissent d’axer leurs séjours sur le thème du vin….En choisissant de s’orienter davantage sur le client que sur le « produit », l’offre œnotouristique en France aura tous les atouts pour les séduire. Comment ? En proposant à cette clientèle exigeante une offre structurée et lisible, et des visites de qualité. Pour cela, elle doit s’étoffer de courts séjours conviviaux, destinés aux connaisseurs comme aux néophytes, mais avec de réels gages de sérieux et de professionnalisme. C’est dans cette optique qu’a été créé le CSO en 2009. Imaginé par Paul Dubrule, installé par les ministres de l’agriculture et du tourisme de l’époque (Michel Barnier et Hervé Novelli), il a pour objectif de réunir les acteurs du vin et ceux du tourisme. Il rassemble les principales organisations de la filière vitivinicole (INAO, France Agrimer, Vignerons Indépendants, Confédération Nationale des Interprofessions, Association de la Presse du Vin...) et du tourisme (Atout France, Gîtes de France, Relais & Châteaux, SNAV...). Sa mission : valoriser les richesses de la filière, créer des synergies pérennes en régions… et promouvoir les initiatives. Il s’est pour cela déjà doté d’un Label « Vignobles & Découvertes » et des Prix de l’oenotourisme.


Les Prix et le label, deux initiatives complémentaires

Véritable gage de qualité, le Label « Vignobles & Découvertes » vise à créer des packages touristiques qui donnent à voir les richesses régionales complémentaires. Il est attribué à une destination qui propose une offre complète (adaptée aux courts séjours sur un périmètre d’environ 30km) sur la thématique du vignoble, avec un ou plusieurs partenaires dans chacun des domaines : visite de cave, hébergement, restauration, découverte de sites naturels, architecturaux ou culturels, office de tourisme, structure réceptive organisant des circuits dans la destination. Il valorise ainsi la mise en réseau, l’émulation des acteurs locaux à travers l’émergence d’intérêts communs, même si ces synergies ne sont pas toujours simples à mettre en place. Un seul mot d’ordre « nous sommes riches ! » Après une première sélection par Atout France, en liaison avec le ministère en charge du Tourisme et le ministère de de l’Agriculture e, les candidatures retenues ont été soumises au CSO pour avis qui décide quelles seront les destinations labélisées.


Même vocation pour Le Prix national de l'œnotourisme

Géré par FranceAgriMer : favoriser l’interactivité entre les professionnels du vin et ceux du tourisme et répondre à une demande toujours plus grande des consommateurs d’un tourisme de « terroir »… et de qualité. Ce Prix s’adresse donc à tous les acteurs de la filière : vignerons, coopératives, négociants, interprofessions et syndicats professionnels, cavistes, hébergeurs et restaurateurs présents dans le vignoble, agences de voyage réceptives, les agences de développement touristique, dont les offices de tourisme et tous ceux qui œuvrent pour la préservation du patrimoine architectural et paysagé lié aux vignobles d’une région. Abouties, opérationnelles, simples et facilement transférables, les initiatives récompensées doivent être originales et efficaces, créant une dynamique dans ce secteur en pleine expansion. Pour l’édition 2010-2011, les récompenses se sont enrichies de deux nouvelles catégories, passant au nombre de 6. Parmi les lauréats 2009-2010 : la Maison Cazes à Rivesaltes (http://www.cazes-rivesaltes.com/), dans la catégorie « mise en valeur d'un site viticole », la Maison & La Table d'Olivier Leflaive à Puligny-Montrachet (http://www.olivier-leflaive.com/) pour « l'hébergement et la restauration dans le vignoble », et le Prix d'Honneur « Pionnier de l'Œnotourisme en France » à la famille Duboeuf pour la réalisation de l'Œnoparc « le Hameau Duboeuf » (http://www.hameauduvin.com/)… Et le succès de ces prix est sans appel : l’année dernière, ce sont plus de 300 dossiers qui ont été reçus ! Preuve, s’il en est, que le tourisme du vin est plus florissant que jamais, et ne doit perdre aucune occasion de le faire savoir.


Et demain ?

Le nombre et la richesse des initiatives le montrent : la communication œnotouristique fait des progrès spectaculaires, et il n’est pas question pour le vin de se « fondre » dans le tourisme, mais bien d’en faire une force. Après tout, pour les étrangers notamment, le Vin est un des points forts de la France, indissociable de son patrimoine culturel. Il s’agit donc pour la filière de garder confiance dans son potentiel, et de se montrer convaincant.

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